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Pourquoi rendre l’énergie solaire accessible à tous ?

C’est en installant lui-même des panneaux solaires sur sa maison, dans le sud de la France, que Thomas Cautier a le déclic. En 2022, il décide de créer Sunethic avec l'ambition de permettre au plus grand nombre de produire sa propre électricité. Car si le solaire suscite de l’intérêt, plusieurs obstacles freinent encore, comme le manque de confiance envers certains acteurs du secteur, des prix élevés et des solutions peu adaptées aux locataires. Pour lever ces freins, Sunethic propose des kits à installer soi-même ou à faire poser par des équipements. L’installation autonome permet de diviser le coût d’investissement par deux, voire par trois. L’entreprise propose également des kits solaires mobiles, que les locataires peuvent emporter lors d’un déménagement. Elle mise sur la transparence en privilégiant des équipements de qualité, notamment des panneaux fabriqués en France, et en présentant les conditions de fabrication de ses produits. Son fonctionnement largement digitalisé permet par ailleurs de limiter les coûts et de proposer des solutions plus abordables. Selon l'ADEME, l’empreinte carbone des panneaux fabriqués en France est deux fois plus faible que celle des panneaux chinois, notamment grâce au mix électrique français et à la réduction du transport. Côté budget, un panneau de 500 watts permettrait d’économiser entre 100 et 125 euros par an, selon la région. Avec quatre panneaux, les économies peuvent atteindre 40 à 50 euros par mois, en fonction de la production et de la consommation du foyer. La hausse des prix de l’électricité contribue à rendre ces installations plus attractives. Pour Thomas Cautier, le développement du solaire permet aux ménages de réduire leur facture tout en participant à la transition énergétique. Alors qu’il estime qu’environ un million de logements sont aujourd’hui équipés en France, sur un parc total de 20 millions, le potentiel de développement reste important. La baisse progressive du coût des équipements pourrait également faciliter l’accès à ces solutions.

30 octobre 202610:55

Pourquoi la transition écologique peut-elle aussi être rentable pour les entreprises ?

Sensibilisé dès son enfance aux enjeux climatiques, Alexis Normand a d’abord évolué dans le secteur de la santé connectée, où il découvre comment la technologie peut contribuer à transformer les politiques publiques. Avec Greenly , créée il y a sept ans avec Arnaud Delubac et Mathieu Vegreville, il transpose cette réflexion au climat. Initialement pensée comme une application destinée aux particuliers, la start-up s’est spécialisée dans l’accompagnement des entreprises, avec comme objectif de leur permettre de mesurer leurs émissions pour mieux les réduire. Greenly réalise des bilans carbone qui permettent d’identifier les principales sources d’émissions d’une entreprise. Celles-ci comprennent les émissions directes, comme le chauffage au gaz ou les véhicules, celles liées à la consommation d’électricité, mais aussi toutes les émissions indirectes : achats de matières premières, transport, déplacements des salariés ou utilisation des produits vendus. Grâce à son logiciel, l’entreprise automatise une partie de ce travail d’analyse et aide ses clients à repérer les leviers d’action prioritaires. Alexis Normand défend l’idée que la transition écologique peut aussi servir la performance économique. Réduire sa consommation d’énergie fossile permet notamment de diminuer certaines dépenses. L’électrification des véhicules ou l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments peuvent ainsi concilier objectifs climatiques et économies, même si les investissements nécessaires et leur rentabilité varient selon les situations. « Notre démarche, c'est de lister tout ce que peut faire une entreprise. Et pas seulement de dire voilà ce qu'il faut faire pour réduire vos émissions, mais voilà comment ça peut être compatible avec une stratégie où votre entreprise devient plus résiliente, plus rentable », explique-t-il. En sept ans, Greenly a accompagné près de 4.000 clients, dont les émissions cumulées représentent environ 500 millions de tonnes de CO₂. L’entreprise les encourage à suivre une trajectoire de décarbonation compatible avec les objectifs de l’Accord de Paris, soit une réduction de leurs émissions d’environ 5 % par an. Pour Greenly, l’enjeu est désormais de changer d’échelle. « Notre objectif, c'est d'aller économiser un milliard de tonnes de CO₂ », affirme Alexis Normand. En faisant de la mesure carbone un outil de pilotage, la start-up entend montrer que réduire son impact environnemental ne relève pas seulement d’une contrainte, mais peut aussi devenir un levier de transformation durable.

29 octobre 202610:59

Pourquoi donner plus efficacement ?

Donner pour aider les autres, oui, mais comment s’assurer que son argent fasse réellement la différence ? C’est la question au cœur de Mieux Donner , créée en 2024. L’organisation s’appuie sur les recherches scientifiques et les données disponibles pour identifier les interventions les plus efficaces. La plateforme rend accessibles ces connaissances et facilite les dons vers des associations recommandées. Particuliers et entreprises peuvent ainsi orienter leur générosité vers des actions dont l’efficacité est étayée par les données disponibles. Depuis sa création, Mieux Donner a orienté 1,3 million d’euros vers des associations recommandées. Selon Romain Barbe, les dons de sa communauté ont contribué à aider 340.000 personnes grâce à des interventions jugées efficaces, à sortir plus d’un million d’animaux des pires conditions d’élevage et à éviter plus de 100 000 tonnes d’émissions de CO₂. L’enjeu est de maximiser les effets de chaque euro donné, en privilégiant les problèmes de grande ampleur, insuffisamment pris en charge et pour lesquels des solutions prometteuses existent. Romain Barbe défend ainsi une autre manière de penser l’engagement, s’appuyer sur les connaissances scientifiques pour déterminer où agir et comment aider davantage. Il a lui-même choisi de consacrer au moins 10 % de ses revenus à des associations efficaces. Avec son livre Altruisme rationnel, au-delà des bonnes intentions, comment vraiment aider ? , coécrit avec Pablo Melchor, Romain Barbe veut rappeler qu’il existe des moyens concrets d’agir sur les inégalités et l’extrême pauvreté. Car pour Mieux Donner , la générosité peut aller plus loin lorsqu’elle s’accompagne d’une question essentielle : comment aider le plus possible ?

28 octobre 202610:50

Pourquoi rendre les économies d’énergie ludiques et accessibles à tous ?

Face à l’augmentation des factures d’énergie, agir n’est pas toujours simple. Le sujet reste complexe pour de nombreux Français. Avec Liberté Watts , Guillaume Faure a choisi de miser sur le jeu pour inciter les consommateurs à modifier leurs habitudes. « Notre mission, c’est de permettre à n’importe qui de faire des économies d’électricité en s’amusant », explique-t-il. L’application entend ainsi rendre la transition énergétique plus concrète et accessible. Gratuite, l’application se connecte au compteur Linky du foyer pour suivre sa consommation et proposer des défis presque quotidiens. L’objectif étant de réduire ses dépenses aux heures où le réseau électrique est le plus sollicité, notamment le matin et en début de soirée. Les utilisateurs gagnent des points lorsqu’ils diminuent leur consommation pendant ces périodes. Ils peuvent ensuite convertir leur cagnotte en cadeaux chez des partenaires ou en virement bancaire. Aujourd’hui, selon Guillaume Faure, les utilisateurs de Liberté Watts réduisent leur consommation d’énergie de 8 à 10 %, soit 80 à 100 euros d’économies annuelles sur une facture moyenne de 1 000 euros. Au-delà du budget des ménages, l’enjeu est aussi environnemental. Si la production électrique française est largement décarbonée, les centrales à gaz et à charbon sont davantage sollicitées lors des pics de consommation. Décaler le lancement d’une machine à laver ou adapter certains usages peut donc contribuer à limiter les émissions de CO₂. Liberté Watts redistribue une partie des revenus générés par les économies réalisées au bénéfice du réseau électrique, afin de récompenser les particuliers qui acceptent de décaler leur consommation. Les défis permettent de comprendre concrètement l’impact de ses gestes, tout en faisant évoluer ses habitudes. « Le plus difficile, c’est le passage à l’action », souligne-t-il. Le jeu devient alors un moyen de sensibiliser les consommateurs et de les engager durablement dans la transition énergétique. « Aujourd’hui, il faut aller un cran plus loin. Et essayer d’éviter de consommer pendant les périodes de surcharge », conclut Guillaume Faure.

27 octobre 202610:59

Pourquoi faire du numérique une opportunité pour tous ?

Il y a dix ans, Jean Guo fonde l’association à partir du constat que le numérique, plutôt que de favoriser l’insertion, devient un facteur d’exclusion. Aujourd’hui encore, de nombreuses personnes ne maîtrisent pas les outils indispensables aux démarches administratives, à la prise de rendez-vous médicaux ou à la recherche d’emploi. « Plus vous êtes fragile, plus ça vous touche », souligne Flavie Deprez. Pour les accompagner, Konexio propose des formations accessibles, dans un cadre bienveillant, sans jugement. L’association s’adresse à des publics variés, des jeunes en difficulté d’insertion aux personnes qui souhaitent acquérir les bases de l’informatique ou se familiariser avec des outils professionnels comme Excel, Canva ou l’IA. Elle travaille notamment avec des associations et des missions locales et propose des ateliers dans des lieux du quotidien. En 10 ans, 17.000 personnes ont été formées, dont 56 % de femmes. Au-delà des compétences techniques, l’enjeu est de permettre à chacun de reprendre la main sur sa vie. Ne pas disposer d’une adresse mail personnelle ou ne pas savoir utiliser les outils numériques peut limiter l’autonomie, l’accès aux droits et les perspectives professionnelles. « Être à l'aise avec vos outils, qu'ils soient de la vie quotidienne ou du boulot, ça c'est important », rappelle Flavie Deprez. À l’heure où l’intelligence artificielle transforme le monde du travail, Konexio veut donner à chacun les moyens de comprendre ces évolutions plutôt que de les subir. Car derrière l’apprentissage d’un logiciel ou la découverte d’un nouvel outil, il y a aussi la possibilité de retrouver confiance en soi et de se projeter vers l’avenir. « C'est un moyen de reprendre le pouvoir sur sa vie, la confiance, avoir des droits, de l'autonomie et de l'indépendance, » conclut Flavie Deprez.

23 octobre 202610:54

Climate tech : et si investir dans le climat était un pari sur le temps long ?

Après avoir cofondé plusieurs entreprises technologiques en Afrique, Romain Diaz a voulu mettre le financement au service de projets à impact. « C'est clairement le nerf de la guerre, c'est mobiliser plus de capital vers les solutions », explique-t-il. Satgana a donc été créée en 2020 et a déjà permis d'investir dans 30 start-up réparties dans 16 pays, sur des secteurs aussi variés que l’énergie, l’agriculture, la mobilité ou l’économie circulaire. Mais encore faut-il identifier les projets capables de grandir tout en produisant un impact positif. Satgana a ainsi analysé 6 000 start-up pour ne retenir que celles présentant le plus fort potentiel commercial, environnemental et humain. Parmi elles, Voltiris, une entreprise suisse qui développe des filtres spectraux pour les serres, permettant de produire de l’électricité solaire tout en laissant passer la lumière nécessaire aux cultures. Depuis l’investissement de Satgana, son chiffre d’affaires a été multiplié par environ 20 en deux ans. Au-delà du financement, la firme accompagne les entrepreneurs dans leur stratégie, leur développement et la mesure de leur impact. En 2025, les start-up de son portefeuille ont notamment permis de valoriser plus de 2 000 tonnes de déchets et de contribuer à éviter ou réduire plus de 10 000 tonnes de CO₂, selon Romain Diaz. L’enjeu est de faire émerger des entreprises capables de devenir des acteurs majeurs de leur secteur, sans dissocier réussite économique et bénéfice environnemental. Satgana souhaite désormais mobiliser davantage de capitaux et développer de nouveaux fonds dédiés à l’Europe et à l’Afrique. Un engagement qui prend tout son sens alors que les enjeux climatiques peuvent perdre de leur visibilité dans les agendas politiques et économiques. « On est convaincu que les enjeux du climat ne sont pas juste des modes, pas seulement des cycles », affirme Romain Diaz. Pour lui, investir dans ces solutions relève d’une vision de long terme, indispensable face à l’ampleur des défis environnementaux.

22 octobre 202619:38

Pourquoi faire revivre les savoir-faire oubliés ?

Face aux balais industriels en plastique, le couple défend une alternative locale et durable avec La Balaiterie . « Quand le balai se détruit, ça retourne à la nature », explique Arnaud Gabriel. Le sorgho, qui demande notamment trois fois moins d’eau que le maïs, permet ainsi de fabriquer un objet qui peut durer « 15, 20 ans facilement » s’il est bien entretenu. Pour relancer ce métier, les deux entrepreneurs ont dû retrouver les machines et les gestes d’un des derniers balaitiers de France. Une expérience qui leur a fait mesurer la fragilité de ces savoir-faire. « En France, on a un sacré savoir-faire qu'il faut sauvegarder à tout prix », estime Arnaud Gabriel. Car « si personne ne eut reprendre la suite, ce sont des métiers qui disparaissent ». Pour lui, la transition écologique peut justement offrir une nouvelle chance à ces métiers manuels. Des métiers « assez durs », mais aussi « créatifs » et qui permettent de retrouver un autre rapport au temps. « On travaille à notre rythme et rien que ça, c'est très agréable », témoigne-t-il. « Les jeunes aujourd'hui peuvent faire de belles choses. Il y a de beaux métiers à relancer, de belles activités à développer », estime pour sa part Marie-Laure Gabriel. À travers leurs visites d’atelier, le couple cherche aussi à transmettre ce patrimoine. Car derrière un objet aussi banal qu’un balai se cache un savoir-faire complexe : « Il y a pas plus simple comme objet. Mais quand on explique comment on le fabrique, tout le travail qu'il y a autour, les visiteurs sont enchantés »., concluent-ils.

22 octobre 202610:51

Pourquoi réinventer le statut des indépendants face à la précarité ?

En France, près de 100 000 chauffeurs VTC sont concernés par les évolutions de leur statut professionnel. Après cinq ans passés à travailler dans ce secteur et à rencontrer des milliers de chauffeurs, Dany El Oubari a constaté une précarité grandissante et un accès limité aux droits sociaux. « C’est les chauffeurs qui nous ont fait part en tout cas de leurs difficultés et on essaie de trouver des solutions », explique-t-il. Avec INCOM , les chauffeurs peuvent signer un CDI d’entrepreneur salarié tout en continuant à travailler via les principales plateformes. La solution leur fournit une application pour gérer leur activité et leurs démarches administratives. Surtout, ce statut leur permet de cotiser pour la retraite et le chômage, de bénéficier d’une mutuelle, de congés payés et d’arrêts maladie. Les bulletins de paie peuvent également faciliter l’accès au crédit et le financement de projets personnels. INCOM entend ainsi faire reconnaître le statut d’entrepreneur salarié comme une réponse possible à la directive européenne sur le travail des plateformes. L’entreprise a notamment été auditionnée dans le cadre des travaux préparatoires à sa transposition en droit français. Elle a également lancé à Paris une « pétition car », une berline permettant aux citoyens et aux chauffeurs de signer une pétition pour donner de la visibilité à cette évolution réglementaire. L'enjeu est désormais de convaincre les institutions de s’emparer de cette solution déjà opérationnelle. « On veut que la France montre l’exemple de ce côté-là », affirme Dany El Oubari. Une manière de faire évoluer les droits des chauffeurs sans renoncer à la souplesse de leur activité indépendante.

21 octobre 202610:00

Comment mieux réemployer les matériaux du bâtiment ?

En France, le secteur du bâtiment représente environ 70 % des déchets produits, mais moins de 1 % des matériaux issus des chantiers sont réemployés. Pourtant, nombre d’entre eux sont encore en très bon état. « On les jette parce que personne n'a créé encore le lien entre les personnes qui ont la matière et celles qui en ont besoin », explique Karima Lebsir. Pour elle, le problème relève avant tout de l’organisation et de la circulation des matériaux. Avec Cycle Zéro , les entreprises peuvent donner gratuitement leurs matériaux, que les particuliers viennent récupérer directement sur les chantiers. Une solution qui permet d’éviter les coûts d’évacuation et de donner accès à des matériaux à moindre prix. L’année dernière, 30 000 matériaux ont ainsi été réemployés et plus de 25 000 familles ont bénéficié du dispositif. « C'est plus d'un million d'euros redistribués », souligne la cofondatrice. Au-delà de l’impact environnemental, le projet défend une vision sociale de la transition écologique. Rénover son logement ou s’équiper peut coûter cher, et le réemploi permet de rendre ces possibilités plus accessibles. « On fait clairement le lien entre transition environnementale, écologie et pouvoir d'achat, justice sociale », insiste Karima Lebsir. L’application compte aujourd’hui plus de 300 000 utilisateurs dans toute la France, même si certaines entreprises restent réticentes à changer leurs habitudes. Pour accélérer le mouvement, la cofondatrice appelle à un engagement plus fort des pouvoirs publics et des entreprises. Car, malgré les solutions existantes, le gaspillage reste profondément ancré dans les pratiques du secteur. « J'espère que dans 20 ans, ça ne sera plus du tout des déchets. Ça sera déjà réemployé, réutilisé directement , » conclut Karima Lebsir.

20 octobre 202631:16

Pourquoi mieux financer l’éducation ?

Moins de 1 % des acteurs dans l'éducation ont accès à des financements. Face à ce constat, My Moojo veut créer une alternative aux financements traditionnels et accompagner les projets « du don à l'investissement ». Un enjeu majeur pour un secteur qui, selon Sara Reynaud, représente 6,8 % du PIB français. Au-delà de l'argent, le financement participatif doit aussi permettre aux porteurs de projets de gagner en visibilité. « Donc vraiment, ça permet de structurer un projet et d'accélérer », explique-t-elle. My Moojo travaille notamment avec des incubateurs pour aider les acteurs de l’éducation à mieux présenter leur projet et à aller rapidement à la rencontre du marché. Pour Sara Reynaud, cette approche doit permettre de faire émerger des initiatives qui resteraient autrement dans l'ombre. « Et donc, l'intérêt pour la société, c'est de projets qui puissent voir le jour, même pour des petits publics . » Car, insiste-t-elle, « pour moi, il n'y a pas de petit projet ». My Moojo a déjà collecté plus de 300 000 euros au service de l’éducation et veut désormais changer d’échelle. « L'éducation, c'est quand même l'arme la plus puissante pour changer le monde », affirme Sara Reynaud. L’ambition est désormais de « briser ce plafond de verre » et de prendre « le leadership du financement de l'éducation » en France comme en Europe.

20 octobre 202610:53

Pourquoi permettre à chacun de vieillir en étant soi-même ?

Créée en 2017, l’association Les Audacieuses & Les Audacieux est née du constat qu'en entrant en Ehpad ou en résidence senior, certaines personnes cachent leur identité et leur histoire par peur du regard des autres. « On doit pouvoir vieillir tout en étant qui nous sommes », explique Christophe Dercamp. Pour recréer du lien social, l’association organise des rencontres et des ateliers autour du bien vieillir. Le 9 octobre 2025, la première Maison de la diversité a ouvert ses portes à Lyon. Quinze seniors ont choisi d’y vivre autour d’un projet de vie sociale et partagée. Ouverte sur le quartier, cette maison accueille les seniors LGBTIQA+ mais aussi leurs amis hétérosexuels. Ici, pas de médicalisation. Les habitants s’entraident au quotidien, pour préparer un repas, se rendre chez le médecin ou simplement échanger. « C'est tout sauf un ghetto », insiste le coordinateur. L’association mène également des actions de sensibilisation auprès des professionnels de santé et des établissements recevant des personnes âgées. Car accueillir tout le monde de la même façon ne suffit pas toujours à garantir l’égalité. Les parcours marqués par les discriminations, les violences ou l’isolement nécessitent une attention particulière. Pour Christophe Dercamp, l’enjeu est de permettre à chacun de conserver sa liberté de choix, même lorsque l’âge avance. « On permet à beaucoup de personnes de se dire j'ai le droit de vivre et de vieillir en étant qui je suis, » conclut Christophe Dercamp.

16 octobre 202610:55

Pourquoi faciliter le don ?

L’idée est née il y a 8 ans, après une expérience personnelle. Pour son anniversaire, Layticia Audibert propose à sa communauté de faire une bonne action plutôt que de lui offrir un cadeau. Plus de 1 000 personnes répondent à l'appel. Mais beaucoup lui disent ensuite qu'ils ont envie de donner, sans savoir pour autant comment, à qui, et qu'ils n'ont pas confiance dans les associations. Gandee naît de ce constat. Depuis, la plateforme a développé plusieurs dispositifs. Les entreprises peuvent notamment transformer l’activité physique de leurs salariés en dons grâce à « Bouge ton Good ». Avec Student for Impact , les étudiants collectent des dons pour des associations et peuvent conserver 30 % des sommes récoltées pour financer leurs études, leur logement ou leur alimentation. Aujourd’hui, Gandee accompagne environ une centaine d’associations et a déjà permis de collecter 2 millions d’euros de dons depuis sa création, contribuant à changer la vie de 50 000 bénéficiaires. « Chaque fois qu'un étudiant, une entreprise, un citoyen contribue avec nos outils à faire du bien au monde, ben il y a des bénéficiaires finaux derrière qui sont réellement impactés », insiste Layticia Audibert. À terme, l’objectif est aussi de donner aux jeunes « le goût de la contribution et le goût du partage »., conclut-elle.

15 octobre 202610:56

Pourquoi le talent ne devrait-il pas prendre sa retraite à 55 ans ?

55+ est née d'une préoccupation personnelle : la peur de ce qui arriverait à son père, directeur d'école pendant des décennies, lorsqu'il prendrait sa retraite du jour au lendemain. Mais c'est aussi le résultat d'un ras-le-bol plus général. "Presque toutes les conversations sur le vieillissement sont négatives. J'entendais toujours que c'était un problème, une menace, un coût pour la société" , explique Parras. Son pari est tout autre : les personnes qui atteignent 55, 65 ou 75 ans accumulent des compétences que aucun cours n'enseigne (responsabilité, intelligence relationnelle, capacité à résoudre des problèmes déjà vécus) et beaucoup d'entre elles ne recherchent pas seulement des revenus, mais souhaitent également continuer à se sentir utiles. La plateforme fonctionne sur deux axes. D'une part, elle connecte ces profils avec des particuliers, des entreprises ou des organisations qui ont besoin de leurs services. D'autre part, elle collabore avec des municipalités et des entités sociales pour mobiliser ses utilisateurs vers des besoins non satisfaits sur le territoire, générant ce qu'Elena appelle un modèle à double impact. Une des barrières les plus difficiles à franchir, reconnaît-elle, est intérieure : l'âgisme intériorisé. "Après tant de fois où nous avons entendu 'tu n'as plus l'âge pour ça', il semble que nous finissons par y croire nous-mêmes", se désole-t-elle.

15 octobre 202610:02

Pourquoi rendre les zones à faibles émissions plus inclusives ?

Les zones à faibles émissions (ZFE) ont vocation à améliorer la qualité de l’air en limitant la circulation des véhicules les plus polluants. Mais ces mesures peuvent pénaliser les personnes précaires, qui possèdent souvent des véhicules anciens et disposent de peu de choix pour se déplacer. « Notre question est, quand les métropoles mettent en place des ZFE, comment mieux intégrer ces publics vulnérables et leur proposer des alternatives et un accompagnement intéressant et efficace », interroge Clara Coornaert. Financé par Erasmus+ , le projet LEZ4All réunit quatre partenaires en France, en Belgique et en Espagne. Il cherche notamment à rapprocher les professionnels de la mobilité et ceux du secteur social, qui se connaissent encore trop peu. Pour cela, une formation réunit des acteurs de terrain et des représentants des métropoles autour de mises en situation et de jeux. L’objectif : apprendre à mieux se connaître pour construire ensemble des réponses adaptées aux besoins des publics concernés. Le projet permet aussi de partager des initiatives concrètes entre territoires. À Barcelone, un dispositif de conseil individuel en mobilité, inspiré de l’expérience bruxelloise, a ainsi été développé. Pour Charline Morichon du Groupe SOS , cette coopération européenne permet de mutualiser les expertises et de créer des outils réutilisables ailleurs. « Une fois que le projet est terminé, un autre territoire qui souhaite investiguer cette même thématique va pouvoir s'appuyer sur les outils qui auront été créés. » Au-delà des frontières, LEZ4All défend une transition écologique qui n’oublie personne. Car améliorer la qualité de l’air ne peut se faire sans prendre en compte les réalités sociales et les difficultés quotidiennes de celles et ceux qui ont le moins de solutions pour se déplacer.

14 octobre 202610:49

Pourquoi on ne réussit pas seul ?

« Si je devais résumer ce livre en un seul mot, je dirais qu'il parle avant tout d'altérité. » Pour Mathilde Boulay , la diversité des parcours et des expériences est une richesse pour la société. Un message nourri par son propre parcours et par les rencontres faites au sein de l’Ascenseur , où elle accompagne notamment des associations qui œuvrent auprès de jeunes issus de milieux modestes. Elle veut d’abord leur transmettre une conviction : « Ça vaut le coup de ne pas se résigner. » La colère face aux injustices peut devenir une force, estime-t-elle, à condition de parvenir à la transformer en énergie et à la mettre « au service de quelque chose et si possible le faire collectivement ». Car pour Mathilde Boulay, le mérite individuel ne suffit pas à expliquer les réussites. « Je suis convaincue qu'on ne réussit jamais seul. » Derrière chaque parcours, il y a une famille, une association, une rencontre, une personne qui a fait confiance au bon moment. « Il y a toujours eu un écosystème invisible derrière nous », rappelle-t-elle. Cette réflexion l’amène à questionner les normes traditionnelles de la réussite. « C'est aussi pour moi, c'est peut-être même avant tout que chacun et chacune dans la société puisse atteindre une forme de dignité et d'épanouissement. C'est ça la réussite. » Une définition qui, selon elle, pourrait permettre de regarder autrement les parcours et de redonner à chacun une place dans le collectif.

13 octobre 202610:46

Pourquoi réduire le bruit au travail ?

Dans les écoles, les EHPAD, les établissements de santé ou les restaurants d’entreprise, près de 300 000 agents sont quotidiennement exposés au bruit de la vaisselle. Cette exposition peut entraîner troubles auditifs, acouphènes, fatigue, maux de tête ou irritabilité. « Aujourd'hui, il faut savoir que le bruit au travail est la troisième maladie professionnelle référencée en France, » précise Sophie Moritel. Après 8 ans de recherche et développement, Quiet a conçu une vaisselle en verre trempé recouverte de silicone sur la partie qui s’empile, afin d’absorber les chocs. Résultat : une réduction du bruit de 85 % à l’empilage. Aujourd’hui, plus de 200 collectivités utilisent les produits Quiet, de la crèche au CROUS, en passant par les EHPAD et les restaurants d’entreprise. Plus de 6 millions de repas ont déjà été servis avec cette vaisselle. Pour les agents, le changement se mesure immédiatement : « Le fait de ne plus avoir le bruit de la vaisselle leur permet de discuter avec les enfants, par exemple au moment du débarrassage dans le cas d'une cantine scolaire, » conclut Sophie Moritel.

9 octobre 202610:54

Pourquoi emprunter plutôt qu’acheter ?

À La BOB, la Bibliothèque d'Objets de Besançon , comme dans une bibliothèque classique, les adhérents peuvent réserver en ligne les objets dont ils ont besoin. « On a plus d'une centaine d'objets aujourd'hui », explique Florian Verger. Outillage, matériel de jardinage ou encore shampouineuse, les objets sont majoritairement issus de dons et peuvent être empruntés pour une journée, une semaine ou davantage. L’objectif est à la fois économique et écologique. Une étude de l’ADEME citée par l’association estime à seulement 12 minutes le temps d’usage moyen d’une perceuse entre son achat et son recyclage. À la BOB, « on a souhaité proposer cet endroit, ce lieu, pour mutualiser les objets et faire en sorte qu'ils circulent davantage, qu'ils soient davantage utilisés ». Avec une adhésion accessible à partir de 5 euros par an et des tarifs d’emprunt réduits, la BOB entend aussi favoriser un autre rapport à la propriété. « C'est peut-être simplement de changer un peu les pratiques, d'avoir un autre regard sur ces objets qui nous entourent , » concluent-ils.

8 octobre 202611:00

Pourquoi rendre la culture accessible à tous ?

Droit27 est née de constats parfois surprenants, comme celui de Marion, 13 ans, qui n’était jamais allée au cirque, ou de Maël, 17 ans, qui n’avait « jamais tenu un feutre ». Pour l'association, l’accès à la culture ne se résume pas à une question financière. « On peut avoir une petite phrase dans nos têtes qui se dit l'art, c'est pas pour moi, » précise Chloé Vallois. Pour dépasser ces barrières, l’association va directement à la rencontre des publics, dans les EHPAD, les centres d’accueil de jour ou les foyers de l’aide sociale à l’enfance. Les ateliers sont coconstruits avec les bénéficiaires, les professionnels et les artistes, afin de répondre aux besoins de chaque structure. Parmi les projets menés, Droit27 a notamment organisé des résidences avec une autrice de bande dessinée dans des centres de la protection judiciaire de la jeunesse en outre-mer. Droit27 accompagne aujourd’hui 5 500 bénéficiaires directs et ambitionne d’en toucher 30 000 d’ici 2030. « Déplacer la culture pour que tout le monde puisse s'en emparer », résume Chloé Vallois.

7 octobre 202610:34

Pourquoi agir ensemble pour mieux retrouver les animaux perdus ?

Animou permet de signaler un animal perdu, trouvé ou simplement aperçu. Un algorithme croise ensuite les annonces selon différents critères comme la race, la couleur ou les signes distinctifs. L’application s’appuie aussi sur un système d’alertes de proximité pour mobiliser les habitants d’un même quartier. « Nous avons voulu travailler à l'échelle des quartiers, aller sensibiliser et demander de l'aide aux personnes qui sont proches d'une perte », explique Aymeric Deloche. L’idée est née d’une expérience personnelle. Les deux fondateurs avaient perdu leur chat Percy et l’avaient finalement retrouvé grâce à un voisin. En cherchant des solutions, ils constatent que les outils existants sont parfois obsolètes ou payants. « On s'est dit qu'on allait faire mieux gratuitement. » Animou est ainsi entièrement gratuit, pour les particuliers comme pour les professionnels. L’enjeu est important puisqu'un chat est perdu toutes les 8 minutes et un chien toutes les 26 minutes en France. Animou compte aujourd’hui plus de 1 500 utilisateurs et plus de 400 annonces, et se réjouit de plus de 100 retrouvailles. Au-delà de la technologie, les fondateurs veulent créer une véritable solidarité de proximité. « On est vraiment une communauté et ça rapproche les voisins autour de l'animal perdu », souligne Ambre Capon. Une démarche qui repose désormais sur 40 ambassadeurs en France et une communauté que les deux fondateurs espèrent voir grandir.

6 octobre 202610:53

Pourquoi adapter l'apprentissage à chacun ?

Cocréé avec le Centre de recherche en neurosciences de Lyon, Glaaster analyse le profil cognitif d’un apprenant pour adapter les supports : police, espacement entre les lignes, mots et lettres, mais aussi lecture vocale, quiz ou cartes mentales. « Glaaster, c'est un outil pour venir détecter les besoins individuels et y appliquer une correction qui, elle aussi, est individuelle », explique Antoine Auzimour. Déployé dans les établissements scolaires, les centres de formation et l’enseignement supérieur, l’outil permet de proposer plusieurs versions d’un même document selon les besoins des élèves. « Si dans une classe, il y a 10 besoins spécifiques, il y aura bien 10 versions grâce à Glaaster. » L’objectif est notamment de réduire les difficultés liées aux troubles de l’apprentissage. La dyslexie touche 8 % de la population et plus de 60 % des personnes atteintes d’un trouble en présentent au moins un deuxième. Déjà déployé dans plus de 80 établissements, Glaaster donne déjà accès à son outil à plus de 150 000 élèves. L’objectif est désormais de poursuivre son intégration dans les logiciels utilisés par les établissements et de développer les fonctionnalités liées à l’intelligence artificielle. Au-delà de l'adaptation des supports scolaires, il s’agit aussi de permettre aux élèves de retrouver confiance dans leurs capacités. « Si l'apprentissage demande moins d'efforts, on apprend plus vite, on apprend mieux, on se sent moins dévalorisé et on va plus loin, » conclut Antoine Auzimour.

2 octobre 202610:59

Pourquoi soutenir l'entrepreneuriat dans les quartiers ?

Créée en 2006 à Vénissieux, près de Lyon, après les révoltes qui ont suivi la mort de Zyed et Bouna à Clichy-sous-Bois, Positiv est née du constat qu'exclusion professionnelle et éloignement du marché du travail pouvaient nourrir un sentiment de mise à l’écart. « Si les gens sont parfois victimes de discrimination, c'est peut-être plus facile de trouver des clients qu'un employeur et donc on va les aider à créer leur entreprise », explique Claudia Ruzza. Depuis, l’association s’est développée dans 170 quartiers en France. Elle accompagne les habitants à chaque étape de leur projet, de l’idée à la création, mais aussi sur la confiance et la motivation. En 20 ans, elle a accompagné environ 30 000 personnes et contribué à 13 000 créations d’entreprises. Les projets sont principalement liés à l’économie de proximité, c'est-à-dire BTP, transport, boulangerie, coiffure, restauration ou encore services. « On accompagne des projets de l'économie de proximité, de la vie, du quotidien parfois qui sont vus comme de petits projets, mais en réalité qui ne le sont pas du tout », souligne Claudia Ruzza. Pour la directrice générale, l’entrepreneuriat permet aussi de changer le regard porté sur ces territoires. On estime que 25 % de leur population serait dans une dynamique entrepreneuriale. « On évoque très peu la vie normale » des quartiers, regrette-t-elle, alors qu’il s’agit aussi de « gens qui vivent, qui créent, qui travaillent, qui produisent et qui finalement font tourner une partie de la France, tout simplement, » conclut Claudia Ruzza.

1 octobre 202610:59

Pourquoi la laine d'une brebis en danger d'extinction peut-elle être l'avenir de la mode durable ?

La Flor Cerval (qui signifie fleur sauvage) travaille avec la laine de la brebis Xalda, une race autochtone asturienne en danger d'extinction. De nombreux éleveurs sont contraints de jeter cette laine faute d'acheteurs. Marina Pérez en a fait le cœur d'un projet qui englobe tout le processus : de l'élevage des animaux à la vente du produit final. Les fils sont traités industriellement dans des usines espagnoles, et les vestes sont confectionnées dans un atelier de Béjar. Ainsi, le projet soutient ce qu'il reste de l'industrie textile dans le pays. Pour Pérez, récupérer cette ressource va au-delà de la simple exploitation matérielle. "J'aime cette idée de comment la matière parle, et plus encore dans l'habillement : elle parle de paysage, de culture. Je trouve important de redonner à ce monde un peu de la beauté et de la diversité perdues." Le projet a été présenté dans Vogue Espagne et d'autres magazines de mode, mais la cofondatrice reste réaliste : elle trouve plus de sens sur le marché local, dans les foires, dans le bouche-à-oreille. Concernant la manière dont une vie comme celle-ci peut se soutenir économiquement, Pérez assure : "Je ne peux que dire qu'on s'en sort et que l'amour pour cette vie adoucit de nombreuses difficultés".

1 octobre 20269:43

Pourquoi faire vivre les villages ruraux ?

Créée en 1985, le Mouvement rural de Vendée agit dans de nombreux domaines, de la culture au patrimoine, en passant par l'environnement, les pratiques artistiques ou les activités sportives. « La finalité, c'est vraiment de créer du lien entre les habitants, de faire en sorte que les villages soient vivants, de les vitaliser, de les revitaliser parfois », explique Mathilde Bazireau. Cet objectif passe notamment par les foyers ruraux et les cafés associatifs, mais aussi par Causette, une caravane itinérante qui peut devenir scène de spectacle, bibliothèque ou cabane de jeux. La fédération intervient également directement dans les villages éloignés des commerces et des services, avec des ateliers destinés notamment à lutter contre l'isolement. L'enjeu est surtout de faire émerger des initiatives locales. « Le meilleur résultat qu'on peut obtenir, c'est de ne plus revenir du tout dans ce village-là parce qu'on sait que derrière, il y a un groupe qui s'est constitué et qui a initié, amorcé quelque chose », souligne-t-elle. Au-delà des activités proposées, Mouvement Rural 85 veut ainsi contribuer à changer le regard sur les campagnes et à recréer des espaces de dialogue. « Une de nos finalités, c'est aussi de remettre du lien, de la parole, du débat », résume Mathilde Bazireau, pour permettre aux habitants de « vivre ensemble sereinement et se sentir bien, habiter là où ils sont ».

30 septembre 202610:53

Pourquoi rapprocher culture et écologie ?

Créée en 2007, l'association s'est d'abord développée autour du cirque et de la médiation culturelle, avant d'installer son chapiteau à La Vallée-au-Blé en 2022. Le projet s'est alors transformé en tiers-lieu et a progressivement fédéré les habitants. « C'est la richesse de coconstruire avec le territoire et les habitants », explique Renaud Gras. Sur place, les activités se sont diversifiées. On retrouve un espace de vie sociale, un atelier bois, des actions autour de l'environnement ou encore un éco-conseil des enfants. Le cirque sert notamment de porte d'entrée pour aborder les questions écologiques. « Le cirque va avoir une approche beaucoup plus ludique, festive, et va être notre porte d'entrée pour aborder plein d'autres thèmes », souligne-t-il. Cette approche produit des effets très concrets. Lors d'une fête d'école organisée avec l'éco-conseil, les enfants ont notamment instauré une charte écoresponsable. Pas de petits lots en plastique, un point d'eau gratuit et des éco-cups achetés collectivement. L'association travaille également avec les collectivités sur des projets de plantation et développe des actions autour des métiers de la transition. Le tiers-lieu est aussi devenu un espace où les habitants peuvent réellement prendre part aux projets. « C'est une force de pouvoir réellement impliquer les bénévoles. C'est-à-dire qu'ils ne sont pas juste consultés, mais sont acteurs. Ce sont eux qui ont les clés », insiste Renaud Gras. Une dynamique qui pourrait encore s'élargir avec la rénovation d'un ancien bâtiment industriel, destiné notamment à accueillir des formations et des jeunes en stage.

29 septembre 202610:51

Pourquoi la science a-t-elle besoin de documentaires ?

Pariscience propose des projections de films scientifiques suivies d'échanges avec les équipes des films et des scientifiques, ainsi que des actions à destination des scolaires et des professionnels. « Le documentaire scientifique permet de faire de la vulgarisation et donc de parler de science, notamment à des publics qui ne se sentent pas nécessairement à l'aise avec ces questions-là. » Le format vidéo permet notamment de s'appuyer sur « les émotions et l'expérience sensible qu'apporte un film » pour toucher le grand public, explique Clotilde Pilot. Les sujets abordés dépassent largement les sciences au sens strict, et vont du climat, à l'environnement, en passant par l'intelligence artificielle, la santé ou encore l'énergie, qui sont aussi des enjeux de société. « Aujourd'hui, on a plus que jamais besoin de comprendre ce qui se passe autour de nous pour aussi comprendre ces grands enjeux et être des citoyens et citoyennes éclairés et pouvoir agir et pouvoir prendre des décisions les plus judicieuses », explique Clotilde Pilot. Le documentaire offre également un autre rapport au temps. « C'est de l'information sur le temps long, avec des enquêtes pendant des mois, des bons tournages, du montage. C'est pas de l'information chaude en instantané », souligne Romane Olry. Une temporalité qui permet, selon elle, de prendre davantage de recul sur les sujets abordés. Le festival accorde une place importante aux jeunes. Près de la moitié de son public est scolaire, du primaire à la terminale. « C'est très important de commencer tôt, à leur donner une certaine culture scientifique, de développer leur esprit critique, et puis aussi développer leur curiosité. » Cette appétence existe déjà : 71 % des élèves déclarent aimer travailler les sciences, tandis que 91 % des 15-17 ans considèrent les sciences comme un levier de compréhension du monde. Cette année, trois thématiques ont été particulièrement mises en avant : la santé et le soin, l'histoire des sciences et les rapports entre humains et animaux. Mais au-delà des projections, Pariscience cherche aussi à prolonger la réflexion et à favoriser l'action. « On essaie de s'impliquer aussi dans le soutien à des campagnes d'impact », explique Clotilde Pilot, avec notamment des actions destinées à « encourager les citoyens et les citoyennes à se mobiliser sur des enjeux, notamment là, climatiques et environnementaux ». Le prochain festival Parisience se tiendra du 22 au 26 octobre 2026 au Museum d'Histoire naturelle et à l'Institut de Physique du Globe.

25 septembre 202610:58

Pourquoi donner une seconde vie aux textiles ?

Vêtements abîmés, usés, chutes de tissus ou prototypes invendus : l'Atelier de la Matière récupère ce qui serait autrement jeté. « Notre fonction, ça va être de revaloriser la matière pour la matière, c'est-à-dire de récupérer la matière et de venir l'utiliser lors des cours de couture traditionnels. Et aussi beaucoup d'upcycling, donc le fait de réinventer par le haut les vêtements », explique Pauline Vandôme. Chaque année, l'association collecte trois tonnes de textiles qu'elle cherche à revaloriser. Une démarche qui fait écho au parcours de Pauline Vandôme, qui a travaillé pendant une quinzaine d'années comme styliste dans différentes grandes marques de prêt-à-porter. Elle y a notamment constaté le gaspillage lié aux prototypes. « On a des collections qui font parfois 600 références. Et sur ces 600 références, on a un premier échantillon qui va partir à la poubelle parce qu'il n'est pas vendable. » Un constat renforcé par un voyage en Inde, où elle découvre les conséquences environnementales de l'industrie textile. À l'Atelier de la Matière , l'objectif est aussi de changer le regard porté sur l'upcycling. « Ce qu'on veut montrer, c'est comment on peut être vraiment stylé avec de l'upcycling, comment on peut réinventer des vêtements qui ont vraiment une très belle identité et leur redonner une nouvelle identité encore plus mode, encore plus fashion. » L'association intervient également auprès des écoles, des habitants et de personnes souhaitant se former à la couture. Elle accueille notamment des personnes retraitées, des jeunes qui souhaitent travailler dans la mode ou encore des demandeurs d'asile et personnes issues de l'immigration qui cherchent à faire reconnaître leurs compétences. L'Atelier de la Matière est ainsi devenu un espace de rencontre et de transmission. « Un atelier de couture, c'est un lieu de vie, où on a des personnes qui vont venir parce qu'elles ont envie d'échanger », s'enthousiasme Pauline Vandôme. Une manière de faire du réemploi un outil à la fois créatif, écologique et social.

24 septembre 202610:57

Comment l’accessibilité peut transformer nos villes et nos entreprises ?

En France, près de 12 millions de personnes vivent avec un handicap, dont 80 % sont invisibles. L’accessibilité reste pourtant encore trop souvent perçue comme une contrainte réglementaire. “ C’est l’environnement qui crée la situation handicapante ”, rappelle Sylvain Denoncin. Vingt ans après la loi de 2005, qui visait à rendre accessibles les établissements recevant du public, le chantier est encore loin d’être terminé. Selon lui, seulement la moitié du patrimoine bâti serait aujourd’hui conforme. L’accessibilité ne bénéficie pourtant pas uniquement aux personnes en situation de handicap. Avec le vieillissement de la population, les troubles temporaires, les poussettes ou les bagages, chacun peut être confronté un jour à des difficultés de déplacement. “ Un Français sur deux sera concerné par un handicap au cours de sa vie ”, souligne Sylvain Denoncin. Pour les entreprises, intégrer ces enjeux devient également un levier de performance. Les études montrent qu’une plus grande diversité favorise la rentabilité, tandis qu’un bâtiment pensé selon les principes du design inclusif améliore l’expérience des clients comme celle des salariés. L’innovation ouvre également de nouvelles perspectives. Okeenea développe notamment des solutions de guidage sur smartphone capables d’accompagner les usagers à l’intérieur des gares, hôpitaux ou campus. Demain, l’intelligence artificielle et les interfaces en langage naturel devraient renforcer encore davantage l’autonomie des personnes. “ L’intelligence artificielle va être un accélérateur majeur de l’inclusion ”, estime le dirigeant. Pour Sylvain Denoncin, l’accessibilité ne doit plus être considérée comme un marché de niche ou une simple obligation réglementaire. Elle constitue un investissement au service de la sécurité, de l’autonomie et de la qualité d’usage, avec des bénéfices qui concernent l’ensemble de la société.

23 septembre 202633:51

Pourquoi créer des tiers-lieux ruraux ?

Le tiers-lieux Mirasou dispose de 200 m² de locaux avec un espace de coworking, une salle polyvalente et une épicerie. Un grand bâtiment doit prochainement accueillir un gîte, deux logements et une cuisine professionnelle. Le lieu développe également un verger-potager agroécologique, sans intrants, qui a produit deux tonnes de légumes l'an dernier et pourrait atteindre trois tonnes cette année. La biodiversité constitue un autre axe fort du projet. 1 300 arbres ont été plantés pour recréer des continuités entre les espaces agricoles et la forêt. Le tiers-lieu travaille également à préserver les zones humides et à développer les habitats pour la faune sauvage. Mais Mirasou se veut avant tout un lieu de transmission. Les pratiques agroécologiques côtoient l'écoconstruction, l'économie circulaire et le réemploi des matériaux. « Tous nos locaux ont été réalisés avec 80 % de matériaux de récupération », précise Philippe Guilbaud. Cette volonté de transmettre s'est aussi concrétisée avec la création d'une École de la transition écologique , qui accueille notamment des jeunes en décrochage scolaire et professionnel. En trois ans, les deux associations liées au projet ont créé cinq emplois et accueilli plusieurs centaines de bénévoles. Le tiers-lieu est ainsi devenu bien plus qu'un lieu de vie. « Me contenter de vivre dans un éco-lieu, ce n'est pas suffisant. Il faut qu'il y ait un engagement dans la transformation sociétale », insiste Philippe Guilbaud. Car pour lui, cette transformation passe aussi par l'ancrage local : « Il faut apprendre à s'insérer dans le territoire et à y participer en toute modestie, mais avec l'envie d'apporter les idées et d'être acteur du changement que nous voulons pour le monde », conclut-il.

23 septembre 202610:35

Pourquoi repenser le modèle de la restauration ?

Dès l'origine, les quatre associés imaginent un restaurant ouvert uniquement le midi en semaine, pour permettre aux salariés d'avoir « une vie personnelle plus équilibrée ». Ils choisissent aussi de cuisiner sur place, sans micro-ondes ni congélateur, et de livrer les repas à vélo. Une démarche qui, à l'époque, leur vaut de détonner dans le paysage. Quatorze ans plus tard, les Marmites Volantes ont diversifié leur activité, notamment avec la restauration collective scolaire et d'entreprise. L'entreprise produit aujourd'hui 2 800 repas depuis une cuisine centrale située à Saint-Denis, livrés quotidiennement dans les écoles. En 2025, 70 % des produits servis dans les assiettes des enfants étaient bio, bien au-delà des 20 % imposés par la loi. L'engagement passe aussi par les conditions de travail. Tous les salariés sont déclarés, les heures supplémentaires sont payées et les livreurs à vélo sont salariés de l'entreprise. « Le livreur n'a pas à être plus précaire que le chef de cuisine ou le service en salle. Tout le monde mérite un contrat de travail », insiste Ariane Delmas. Pour la dirigeante, l'entreprise peut ainsi devenir un véritable laboratoire d'innovation sociale. « Je considère que l'entreprise est aussi un lieu d'innovation sociale où on peut démontrer que prendre soin de ses salariés, c'est quelque chose qui est possible. » Sur le plan environnemental, les Marmites Volantes privilégient les produits bruts, locaux et de saison, utilisent des contenants consignés et assurent leurs livraisons à vélo. Mais au-delà des pratiques internes, l'ambition repose aussi sur des relations durables avec les producteurs et partenaires. « La réussite des Marmites Volantes, c'est si tout le monde autour de nous réussit avec nous », résume-t-elle. Une conviction qui nourrit son envie de rendre visibles les entreprises qui cherchent à faire autrement. « Il n'y a pas de fatalité à mal manger, il n'y a pas de fatalité à maltraiter ses salariés. Et on en est un des exemples », conclut Ariane Delmas.

22 septembre 202610:57

Pourquoi revitaliser les territoires ruraux ?

Après 40 ans comme dirigeant, Frédéric Bosqué prend toute la mesure des tensions entre les dimensions écologique, sociale et économique du monde. Une rencontre avec un agriculteur lors d'un tour de France à vélo va notamment accélérer sa réflexion. « J'ai été effondré de voir que dans notre société, on était capable d'appauvrir des gens qui créent de la valeur pour nous et pour les générations futures. » Il décide alors de consacrer son activité à un nouveau modèle de développement territorial. Le projet TERA s'appuie aujourd'hui sur plusieurs communes et rassemble agriculture, alimentation locale, écoconstruction, production d'énergie renouvelable et formation. À Masquières, dans le Lot-et-Garonne, une ferme de 12 hectares en permaculture et polyactivité côtoie notamment une exploitation agricole et une menuiserie. À Tournons-d'Agenais, un terrain de 4 hectares doit accueillir un « quartier rural en transition ». L'objectif est de relocaliser une partie de la production et de créer des emplois non délocalisables. « Notre idée, c'est de faire venir un maximum de personnes sur notre quartier rural pour les inciter à travailler, pour mettre au service de la revitalisation rurale leurs compétences, leurs talents, leur créativité, » explique Frédéric Bosqué. Une dynamique qui vise aussi à rééquilibrer les territoires. Une vision qui entend faire de la ruralité un espace d'innovation et de transition. « Parce que ces choses qu'on va construire dans ces petites communes, ce sera pas délocalisable. Donc c'est tout bénéfice pour toute la société »

18 septembre 202610:57

Pourquoi concilier écologie, justice sociale et démocratie ?

Créé en 2019 à la suite de la crise des Gilets jaunes, le collectif Le Pacte du pouvoir de vivre est né du constat que la transition écologique ne peut réussir sans répondre aux enjeux sociaux, et qu'il est nécessaire de renforcer le dialogue entre les citoyens, les pouvoirs publics et la société civile. « Il fallait travailler ensemble pour réellement concilier transition écologique et justice sociale, fin du monde et fin du mois », explique Amandine Lebreton. Le Pacte agit à l’échelle nationale, mais aussi à travers une trentaine de groupes locaux. Il favorise le partage d’expertise entre ses membres, formule des propositions lors des grandes échéances électorales et organise régulièrement des webinaires ouverts à tous. « Les défis écologiques et sociaux nécessiteront que chacun puisse sortir de ces silos », souligne Amandine Lebreton. L’alliance entend ainsi faire émerger une culture commune entre des organisations aux missions différentes. « Pour agir, il faut d’abord se connaître et se faire confiance. Ce qui permet ensuite l’action collective. » Selon Amandine Lebreton, cette voix commune renforce le poids du plaidoyer auprès des décideurs. « On essaie de faire bouger des lignes pour que chacun ne soit pas seul dans son plaidoyer », conclut-elle.

17 septembre 202610:56

Pourquoi renouer avec la biodiversité ?

Créée en 1998, l’ association Noé est née du constat que les sociétés humaines se sont progressivement éloignées de la nature. Son ambition est désormais de favoriser leur coexistence. « L’idée, c’est de faire en sorte de protéger et restaurer la biodiversité en lien avec l’homme, sans enlever l’homme de l’équation », explique Aurélie Jambon. Pour y parvenir, Noé agit sur les fronts de l'agroécologie, de la renaturation des espaces urbains, de la mobilisation citoyenne et de l'accompagnement des territoires. L’association développe notamment des programmes de sciences participatives pour permettre aux citoyens de mieux connaître la biodiversité car, pour elle, cette reconnexion est essentielle pour comprendre les enjeux environnementaux et agir à son échelle. Noé accompagne également les entreprises, les collectivités et les particuliers dans la mise en place de pratiques favorables à la biodiversité, qu’il s’agisse d’aménagements urbains, de jardins ou de production agricole. Malgré un contexte parfois préoccupant, Aurélie Jambon reste optimiste. « En travaillant au niveau local, l’espoir est vraiment là. » Selon elle, les initiatives de terrain produisent déjà des résultats concrets. « La biodiversité est résiliente quand on lui laisse la place », conclut-elle, convaincue que les actions menées aujourd’hui peuvent encore inverser la tendance.

16 septembre 202610:53

Pourquoi mieux mesurer la valeur sociale ?

Face aux limites des méthodes d’évaluation actuelles, l’ opération milliard a souhaité élaborer une approche mieux adaptée aux transformations sociales et environnementales. Pour l’organisation, la valeur sociale consiste à « consolider les solidarités, protéger l’accès aux biens essentiels, renforcer les capacités territoriales et favoriser la résilience face aux chocs ». Les outils existants évaluent souvent des projets isolés ou des indicateurs économiques, sans prendre suffisamment en compte les dynamiques collectives. « Il était assez difficile d’avoir une méthode existante aujourd’hui qui permettait à elle seule d’appréhender toute la complexité des changements sociaux et environnementaux », explique Leïla Bordier-Randera. « La mesure, c’est un outil de compréhension des trajectoires de transformation. » Pour construire cette méthode, l’opération milliard a réuni des acteurs associatifs, des fonds d’investissement et des experts de l’économie sociale et solidaire. L’objectif est de combiner des indicateurs communs à toutes les structures financées avec des indicateurs coconstruits, adaptés à chaque projet et à son territoire. Au-delà du suivi des financements, cette démarche vise à simplifier les exigences imposées aux structures. « Ce qu’on défend, c’est qu’il y ait des indicateurs communs entre financeurs et que les structures ne soient pas obligées de répondre à des indicateurs qui ne leur servent pas. » Une méthode appelée à évoluer au fil des retours d’expérience. En partenariat avec

15 septembre 202610:48

Pourquoi miser sur des chaussures écoreponsables ?

L'aventure de Minuit sur Terre est née d'un besoin personnel. En cherchant une alternative aux chaussures en cuir, Marie Klein ne trouve aucun modèle qui réponde à ses attentes. Elle décide alors de créer sa propre marque, fabriquée au Portugal avec des matériaux recyclés ou d'origine végétale. « Le but, c'était vraiment de remplacer le cuir », explique-t-elle. Pour la dirigeante, l'engagement environnemental va de pair avec des exigences sociales. « Pour moi, c'était en Europe ou rien. » La fabrication locale permet de garantir un savoir-faire reconnu tout en limitant les transports de matériaux. Au fil des années, les matières ont également évolué, avec des composants issus notamment de la pomme, du raisin ou du maïs. Longtemps réservées à un public de convaincus, ces chaussures séduisent désormais une clientèle plus large. « Aujourd'hui, les véganes ne représentent même pas 10 % de nos clients . » L'argument écologique, mais aussi le design, prennent désormais le dessus. Pour Marie Klein, l'objectif est désormais de banaliser ces alternatives. « J'aimerais que ça devienne mainstream, que toutes les marques s'y mettent à proposer au moins un ou deux modèles, afin de démocratiser une mode plus responsable et de faire tomber les clichés qui entourent encore les produits véganes », conclut Marie Klein.

11 septembre 202611:00

Pourquoi les entreprises ont-elles un rôle à jouer contre l'exclusion ?

Créée en 1993, la Fondation Agir Contre l'Exclusion - FACE est née de la conviction que les entreprises peuvent agir aux côtés des pouvoirs publics et du monde associatif. Aujourd'hui, plus de 5 000 entreprises sont engagées dans 70 territoires pour accompagner chaque année 400 000 personnes. « Les fondateurs de la Fondation avaient l'intuition que les entreprises avaient aussi un rôle à jouer sur leur territoire pour aider à accompagner les personnes les plus en difficulté », explique Timothée Delacôte. L'association intervient auprès des jeunes en décrochage, des seniors, des personnes en situation de handicap, des primo-arrivants ou encore des femmes victimes de violences. Son action s'articule autour de quatre axes : l'insertion professionnelle, l'orientation des jeunes, l'accès aux droits et la transition écologique. « Notre but, c'est vraiment d'ouvrir le champ des possibles de ces jeunes-là », explique Timothée Delacôte, qui mise notamment sur le mentorat et les immersions en entreprise pour lutter contre l'autocensure. Pour mesurer l'efficacité de ses actions, FACE réalise depuis près de dix ans des études d'impact. « Le résultat attendu, c'est l'inclusion des personnes ou, à minima, le sentiment d'inclusion des personnes. » La fondation affiche ainsi entre 70 et 80 % par an de taux de sorties positives et dynamiques vers l'emploi ou la formation. Au-delà des bénéficiaires, les entreprises en retirent également des effets positifs. « On arrive à démontrer que l'engagement de l'entreprise peut aussi se traduire par des choses très concrètes, positives pour elle. C'est vraiment cette logique gagnant-gagnant », conclut Timothée Delacôte.

10 septembre 202610:59

Pourquoi repenser l'orientation des jeunes ?

Créée il y a dix ans, Hello Charly est né du constat que les jeunes ne sont pas égaux face à l'orientation. L'accès restreint à l'information, l'environnement social ou encore la méconnaissance du monde du travail peuvent freiner leurs choix. « On s'est mis en tête d'offrir cette expérience qualitative de l'orientation à tous les jeunes sans condition », explique Fatma Chouaieb. L'application les invite à mieux se connaître, à découvrir les métiers et à bâtir un projet qui leur ressemble. Loin de délivrer des réponses toutes faites, l'agent conversationnel pousse les utilisateurs à réfléchir. « Charlie, c'est l'inverse de ChatGPT. Il va d'abord poser des questions et donner très peu de réponses. Notre idée, c'est de mettre le jeune en position active. » L'objectif est aussi d'élargir leurs horizons : « Un jeune de seconde connaît en moyenne 35 métiers alors qu'il y en a 850 qui existent. » Depuis sa création, Hello Charly a accompagné près d'un million de jeunes âgés de 12 à 30 ans. L'application travaille également avec des écoles, des centres de formation et des entreprises pour faciliter le passage à l'action. « On est un pont, une passerelle entre les envies des jeunes qui sont en construction et les opportunités d'emploi et de formation », précise Fatma Chouaieb. « On aura pleinement réalisé la mission d'Hello Charly le jour où on accompagnera un million de jeunes tous les ans, » conclut Fatma Chouaieb.

9 septembre 202610:58

Santé et mobilité : Comment remettre la marche au cœur de notre quotidien ?

Face à la progression de la sédentarité, WeWard mise sur la technologie pour inciter les utilisateurs à reprendre une activité physique au quotidien. « Quand on a le retour d’une personne qui nous remercie parce qu’elle s’est remise à marcher grâce à nous, on se dit qu’on a vraiment un impact positif », s'enthousiasme Tanguy de la Villegeorges, pour qui notre mode de vie favorise de plus en plus l’inactivité. « On a créé un monde où, avec les nouvelles technologies, c’est de plus en plus facile d’être flemmard. » L’objectif de WeWard est justement d’utiliser ces technologies pour inverser cette tendance, grâce à un système de récompenses et de gamification qui encourage les utilisateurs à marcher davantage. Contrairement à de nombreuses applications, WeWard ne cherche pas à maximiser le temps passé devant un écran. « Notre objectif, ce n’est pas le temps d’écran, c’est le temps de marche. » Si le seuil des 10 000 pas est largement connu, Tanguy de la Villegeorges rappelle que des études récentes montrent que 7 000 pas quotidiens apportent déjà des bénéfices importants pour la santé physique et mentale. Au-delà de ses effets sur le bien-être, la marche contribue également à réduire les émissions de CO₂ en favorisant les déplacements à pied. « Au départ, nous pensions surtout à la santé. C’est ensuite que nous avons mesuré notre impact écologique », précise-t-il. Aujourd’hui, WeWard revendique plus de 30 millions d’utilisateurs dans le monde. Pour son cofondateur, encourager chacun à marcher un peu plus constitue un levier concret pour améliorer la santé publique tout en faisant évoluer durablement les habitudes de mobilité. « Si on arrive à motiver des millions de personnes à marcher davantage, alors on peut réellement faire bouger les lignes », conclut Tanguy de la Villegeorges.

8 septembre 202639:45

Pourquoi parrainer un étudiant ?

Née après la crise du Covid-19, l’association 1CabasPour1Étudiant répond à des problématiques de plus en plus prégnantes pour les jeunes et leurs familles, comme l'inflation, l'éloignement du domicile familial ou encore la nécessité de cumuler études et emploi. « Nous mettons en lien dans une même ville un parrain ou une marraine avec un étudiant en difficulté. Le rôle des parrains est de donner régulièrement des cabas de courses et surtout de créer avec les jeunes un lien humain, un lien social fort », explique Marion Dolisy Galzy. Car cette précarité a aussi des conséquences sur la réussite universitaire. « Beaucoup de jeunes travaillent plus de 12 heures par semaine et au-delà de 12 heures, le risque d'échec augmente de 40 %. On est là sur un vrai sujet d’égalité des chances. », insiste-elle. Les parrainages sont organisés selon le seul critère de la proximité géographique. Courses, repas, sorties ou simples échanges permettent aux étudiants de rompre leur isolement. « Nous sommes les seuls en France à proposer ce parrainage solidaire de proximité avec à la fois la nourriture du corps et celle du cœur. » En cinq ans, plus de 7 000 étudiants ont été accompagnés dans une cinquantaine de communes. « Nous cherchons dans toutes les villes universitaires de France de nouveaux parrains et marraines pour accompagner les étudiants qui s’inscrivent actuellement en grand nombre à notre association », encourage Marion Dolisy Galzy.

8 septembre 202610:55

[Rediffusion] Pourquoi des soignants plus heureux ce sont des patients en meilleure santé ?

A l’occasion de la pause estivale, les équipes d’ impact.info vous proposent de (ré) écouter l’un de nos épisodes publiés cette année. Il s’agit de la mise en lumière du témoignage d' Adrien Bourzat , président et fondateur d' App'Inès . Bonne écoute !

4 septembre 202610:28

[Rediffusion] Pourquoi équiper les citoyens de défibrillateurs peut sauver des vies ?

A l’occasion de la pause estivale, les équipes d’ impact.info vous proposent de (ré) écouter l’un de nos épisodes publiés cette année. Il s’agit de la mise en lumière du témoignage de Johann Kalchman , cofondateur et CEO de Lifeaz . Bonne écoute !

2 septembre 202610:00

[Rediffusion] Pourquoi la santé des personnes est liée à celle des territoires ?

A l’occasion de la pause estivale, les équipes d’ impact.info vous proposent de (ré) écouter l’un de nos épisodes publiés cette année. Il s’agit de la mise en lumière du témoignage d' Alexandre Chéroux , fondateur de Doc Tripper . Bonne écoute !

31 août 202610:48

[Rediffusion] Pourquoi créer des lieux vivants au service du territoire ?

A l’occasion de la pause estivale, les équipes d’ impact.info vous proposent de (ré) écouter l’un de nos épisodes publiés cette année. Il s’agit de la mise en lumière du témoignage d' Aurélie Leclercq , cofondatrice de Robin des Moulins . Bonne écoute !

28 août 202610:47

[Rediffusion] Pourquoi être durable exige plus que de bonnes intentions ?

À l'occasion de la pause estivale, l'équipe de impact.info vous propose de (re)écouter l'un des épisodes publiés cette année. Écoutez le témoignage de Paula Baldó, fondatrice de Paula Baldó Consultora.

27 août 20269:47

[Rediffusion] Pourquoi encourager la création de commerces permet de redynamiser des territoires ?

A l’occasion de la pause estivale, les équipes d’ impact.info vous proposent de (ré) écouter l’un de nos épisodes publiés cette année. Il s’agit de la mise en lumière du témoignage de Sylvain Moineau , partner de l' équipe locale au sein de la société IMPACT Partners . Bonne écoute !

26 août 202610:39

[Rediffusion] Pourquoi sensibiliser à la transition écologique en plein cœur de la ville ?

A l’occasion de la pause estivale, les équipes d’ impact.info vous proposent de (ré) écouter l’un de nos épisodes publiés cette année. Il s’agit de la mise en lumière du témoignage de Hippolyte Le Bougnec , ancien co-directeur administratif et financier du Talus à Marseille. Bonne écoute !

24 août 202610:42

[Rediffusion] Pourquoi le digital doit être une compétence clé pour les associations ?

A l’occasion de la pause estivale, les équipes d’ impact.info vous proposent de (ré) écouter l’un de nos épisodes publiés cette année. Il s’agit de la mise en lumière du témoignage de Guilhem Ménard , cofondateur de Share it . Bonne écoute !

21 août 202610:40

[Rediffusion] Pourquoi questionner les impacts sociaux et environnementaux du numérique ?

A l’occasion de la pause estivale, les équipes d’ impact.info vous proposent de (ré) écouter l’un de nos épisodes publiés cette année. Il s’agit de la mise en lumière du témoignage d' Augustin Courtier , cofondateur et responsable du développement et des partenariats de l'association Latitudes . Bonne écoute !

19 août 202610:41

[Rediffusion] Pourquoi une application digitale peut sensibiliser au handicap à grande échelle ?

A l’occasion de la pause estivale, les équipes d’ impact.info vous proposent de (ré) écouter l’un de nos épisodes publiés cette année. Il s’agit de la mise en lumière du témoignage de Freddy Halet , directeur adjoint du Dispositif sensoriel et du langage de VYV3 Pays-de-la-Loire . Bonne écoute !

17 août 202610:04

[Rediffusion] Pourquoi gérer la forêt durablement peut aussi rimer avec bien-être professionnel ?

A l’occasion de la pause estivale, les équipes d’ impact.info vous proposent de (ré) écouter l’un de nos épisodes publiés cette année. Il s’agit de la mise en lumière du témoignage d' Astrid Ursem , salariée de La Scie d'Ici . Bonne écoute !

14 août 202610:46

[Rediffusion] Pourquoi gérer la forêt durablement peut aussi rimer avec bien-être professionnel ?

A l’occasion de la pause estivale, les équipes d’ impact.info vous proposent de (ré) écouter l’un de nos épisodes publiés cette année. Il s’agit de la mise en lumière du témoignage d' Astrid Ursem , salariée de La Scie d'Ici . Bonne écoute !

14 août 202610:46

[Rediffusion] Pourquoi faut-il apprendre à connaître la forêt pour mieux la protéger ?

A l’occasion de la pause estivale, les équipes d’ impact.info vous proposent de (ré) écouter l’un de nos épisodes publiés cette année. Il s’agit de la mise en lumière du témoignage de Charlotte Meyrueis , directrice de Cœur de Forêt . Bonne écoute !

13 août 202610:50

[Rediffusion] Pourquoi faut-il apprendre à connaître la forêt pour mieux la protéger ?

A l’occasion de la pause estivale, les équipes d’ impact.info vous proposent de (ré) écouter l’un de nos épisodes publiés cette année. Il s’agit de la mise en lumière du témoignage de Charlotte Meyrueis , directrice de Cœur de Forêt . Bonne écoute !

12 août 202610:50

Climat : comment les entreprises peuvent jouer un rôle clé dans la transition écologique ?

En France, l’empreinte carbone moyenne s’élève à 8,2 tonnes de CO₂ par habitant, bien loin des 2 tonnes nécessaires pour respecter les objectifs de l’Accord de Paris. Pour Anouk Jugla, réduire cet impact ne peut pas reposer uniquement sur les comportements individuels. “ On ne peut pas sur-culpabiliser les individus dans un problème qui est global ”, affirme-t-elle. Si les choix de consommation restent importants, la transition écologique passe aussi par les entreprises et les politiques publiques. L’enjeu est de sortir de ce que l'on appelle le “triangle de l’inaction”, où chacun renvoie la responsabilité aux autres. Pour les entreprises, tout commence par le bilan carbone. Cet état des lieux permet d’identifier les principaux postes d’émissions et les leviers d’action, qui diffèrent selon les secteurs d’activité. “ Ce qu’on peut calculer, on peut le réduire ”, résume Anouk Jugla. Si le recul récent de la directive européenne CSRD a freiné certaines obligations, elle constate que la dynamique se poursuit. De plus en plus de grands groupes, de banques et de collectivités demandent désormais un bilan carbone à leurs fournisseurs ou intègrent des critères extra-financiers dans leurs appels d’offres. Chez Carbo , cette logique s’applique aussi en interne. L’entreprise publie son propre bilan carbone, privilégie le train pour les déplacements professionnels et expérimente depuis 2023 la semaine de quatre jours. Au-delà de la réduction de l’empreinte environnementale, cette organisation vise à redonner du temps aux salariés. “ La réappropriation du temps est un levier pour une écologie heureuse ”, explique Anouk Jugla. Pour la responsable RH, construire une entreprise plus écologique ne consiste pas seulement à réduire ses émissions. C’est aussi créer un modèle plus transparent, plus collaboratif et plus désirable, capable de concilier performance économique, bien-être des salariés et responsabilité environnementale.

11 août 202633:49

[Rediffusion] Pourquoi la forêt doit-elle devenir un bien commun ?

A l’occasion de la pause estivale, les équipes d’ impact.info vous proposent de (ré) écouter l’un de nos épisodes publiés cette année. Il s’agit de la mise en lumière du témoignage de Nathalie Naulet , coordinatrice du fonds de dotation Forêts en vie . Bonne écoute !

10 août 202610:43

[Rediffusion] Pourquoi accepter de changer ses habitudes ?

A l’occasion de la pause estivale, les équipes d’ impact.info vous proposent de (ré) écouter l’un de nos épisodes publiés cette année. Il s’agit de la mise en lumière du témoignage de Valérie Dumesny , la directrice générale de Locaverre - Ma Bouteille s'appelle Reviens. Bonne écoute !

7 août 202610:09

[Rediffusion] Pourquoi former des réparateurs est un enjeu stratégique ?

A l’occasion de la pause estivale, les équipes d’ impact.info vous proposent de (ré) écouter l’un de nos épisodes publiés cette année. Il s’agit de la mise en lumière du témoignage de Guy Pezaku , cofondateur et président de Murfy . Bonne écoute !

5 août 202610:55

[Rediffusion] Pourquoi s’engager pour prolonger la vie de notre électroménager ?

A l’occasion de la pause estivale, les équipes d’ impact.info vous proposent de (ré) écouter l’un de nos épisodes publiés cette année. Il s’agit de la mise en lumière du témoignage de Kareen Maya Levy , cofondatrice d' Un Nouveau Cycle . Bonne écoute !

3 août 202610:40

Pourquoi mieux (s’)informer face aux feux de forêt ?

Créée il y a dix ans par un jeune pompier volontaire confronté au manque d'informations accessibles au grand public, la plateforme Feux de forêt répond à un besoin devenu de plus en plus pressant. « Les feux de forêt, à l'époque, se situaient majoritairement autour de l'arc méditerranéen, mais aujourd'hui ça touche une majorité de départements français », explique Anthony Montardy. Le fonctionnement repose sur la participation des citoyens. Après avoir appelé les secours, chacun peut signaler un feu, partager des photos ou des vidéos. Les informations sont croisées grâce à un score de fiabilité alimenté par l'intelligence artificielle, avant d'être modérées par une équipe de bénévoles. « On ne remplace ni les pompiers ni les préfectures. On rassemble au même endroit une information qui aujourd'hui est dispersée entre de multiples sources », précise-t-il. L'application mise avant tout sur la prévention. Elle permet notamment de vérifier si un terrain est soumis à l'obligation légale de débroussaillage et d'en visualiser le périmètre. « Feux de forêt contribue à la prise de conscience auprès de la population que ce risque existe, qu’il faut rester informé et qu'il faut se préparer », conclut Anthony Montardy. Feux de forêt compte aujourd'hui près de 800 000 utilisateurs.

31 juillet 202610:36

Pourquoi la transition écologique passe aussi par la justice sociale ?

« Le réchauffement climatique touche d'abord les populations les plus précaires. Pour nous, il est impossible de dissocier transition écologique et transition sociale », explique Claire Moreau. Installé depuis 2017 dans les quartiers nord de Marseille, Le Paysan Urbain accompagne des personnes en insertion professionnelle grâce à la production de micro-pousses, vendues à des restaurateurs gastronomiques. Ce support économique permet aussi de sensibiliser au vivant, au cycle de l'eau, au compost et à la biodiversité. L'association développe également une pépinière de végétaux locaux, accompagne la création de jardins pédagogiques et méditerranéens avec les habitants et les écoles, et porte depuis quatre ans une École ETRE pour faire découvrir aux 16-25 ans les métiers de la transition écologique. Au-delà de l'insertion, le Paysan Urbain accompagne les habitants dans la végétalisation de leur quartier, la création d'îlots de fraîcheur et le développement d'espaces de convivialité, tout en aidant les collectivités à privilégier des essences locales adaptées au climat méditerranéen. « Ce qu'on cherche, c'est de redonner du pouvoir d'agir aux habitants, de leur donner les moyens d'améliorer concrètement leurs conditions de vie et de faire de la nature un levier de transformation des quartiers », conclut Claire Moreau.

31 juillet 202610:49

Comment donner envie aux jeunes de construire l'avenir ?

Lancé il y a un an, Terroir Lab, porté par l'association Fusion Jeunesse , répond aux difficultés que traverse la filière viticole, comme le manque d'attractivité des métiers, la baisse des effectifs dans les lycées agricoles ou encore les défis économiques à affronter. À travers des ateliers et des hackathons organisés dans de grands domaines viticoles, les élèves imaginent des solutions pour réinventer l'avenir du secteur. Pour Gabriel Bran Lopez, les jeunes ne doivent pas être de simples observateurs. « Donner la voix aux jeunes, ce n'est pas juste leur dire parle-nous, c'est de les écouter, et ensuite l'appliquer correctement. » Les idées présentées aux professionnels portent aussi bien sur l'innovation, l'œnotourisme, l'environnement ou encore les nouveaux usages du raisin. En un an, 150 apprenants ont participé au programme et proposé plus de 30 innovations. Une démonstration que les nouvelles générations peuvent contribuer à transformer la filière.

30 juillet 202610:40

Pourquoi repenser le modèle agricole ?

Née du constat des difficultés du métier, la ferme garantit à ses agriculteurs un revenu de 2 600 euros nets par mois grâce à une coopérative qui sécurise la production et réunit producteurs, collectivités, restaurateurs, AMAP et citoyens. « Leur métier est vraiment difficile, ils bossent 80 heures par semaine, ils ont pas de vacances, pas de week-ends et ils ne gagnent pas bien, voire très mal leur vie », alerte Paul Charlent. Au-delà de la dimension sociale, Ferme Coop mise sur l'autonomie en eau, en semences et en intrants, tout en développant la polyculture-élevage pour limiter les impacts environnementaux. « Notre ferme ne pollue pas, on pollue pas l'eau, on pollue pas les sols, on améliore la biodiversité. » Un modèle qui démontre qu'une autre agriculture est possible, à condition d'intégrer les coûts réels de nos modes de production. « Tous ces coûts, nous, on les évite. Et si on faisait un peu plus tout ça, peut-être que globalement, la société irait un peu mieux, en tout cas sur ce qui concerne notre alimentation », conclut Paul Charlent.

28 juillet 202611:02

Innovation en entreprise : Comment remettre les ingénieurs au cœur du futur industriel ?

Les entreprises françaises disposent d’un atout majeur : un vivier d’ingénieurs parmi les meilleurs au monde. Pourtant, un plafond de verre persiste encore entre les équipes qui conçoivent les produits de demain et les dirigeants qui définissent les grandes orientations stratégiques. « Une entreprise est censée entreprendre. Le sujet, derrière ce mot, c’est concevoir un produit ou un service nouveau », explique Frédéric Arnoux. Le principal défi consiste à reconnecter deux mondes qui se comprennent parfois mal. « Casser le plafond de verre, ça veut dire recréer un langage commun et une ambition commune », analyse Frédéric Arnoux. La France compte plus d’un million d’ingénieurs en activité, mais cette expertise reste encore insuffisamment représentée dans les instances de décision. Pour Frédéric Arnoux, il faut replacer les profils techniques au cœur de la stratégie des entreprises. « On est un pays d’ingénieurs et on oublie de se le dire tous les matins », souligne-t-il. Pour accompagner les entreprises, Stim travaille autour de trois leviers. Le premier consiste à aider les dirigeants à définir une ambition claire pour leur futur. « On va réapprendre aux dirigeants à avoir envie et à définir ce qu’ils veulent construire demain », explique Frédéric Arnoux. Cette vision permet ensuite aux équipes de conception d’imaginer de nouvelles catégories de produits ou de services. Le troisième levier repose sur la création de petites équipes autonomes capables d’expérimenter rapidement, de tester des hypothèses et de réduire les incertitudes. « Ce qui compte, ce n’est pas forcément le nombre de personnes, c’est l’intensité avec laquelle on crée », affirme-t-il. La France possède tous les ingrédients nécessaires pour retrouver une place majeure dans l’innovation industrielle, c'est-à-dire des ingénieurs de haut niveau, une forte créativité et une capacité à concevoir de nouveaux modèles, selon lui. « On pourrait remettre une forme de French touch au centre de la conception des industries de demain », conclut Frédéric Arnoux.

28 juillet 202638:16

Pourquoi faire émerger une voie patronale engagée ?

Le Mouvement Impact France mène un travail de plaidoyer auprès des pouvoirs publics, fédère les entreprises engagées et développe des outils pour accompagner leur transition. À son actif, plusieurs avancées réglementaires, de la loi Pacte à la loi anti-fast fashion, en passant par la défense de la directive européenne CSRD. En 2021, le Mouvement a également lancé l' Impact Score , un référentiel gratuit qui permet aux entreprises d'évaluer leur niveau d'engagement. Déjà adopté par plus de 20 000 structures, il vise à simplifier un paysage où coexistent des centaines d'outils. « On l'a construit pour qu'il soit complètement gratuit et adapté à toutes les organisations, même les plus petites », explique Octave Kleynjans. « Il est aujourd'hui nécessaire de faire émerger une voie patronale alternative . » En valorisant les entreprises les plus engagées, Impact France espère entraîner l'ensemble du tissu économique. « On arrive à mettre en lumière un certain nombre d'entreprises qui portent des engagements forts, à faire la preuve par l'exemple qu'il est possible de concilier engagement social, environnemental et performance économique », conclut Octave Kleynjans.

27 juillet 202610:46

Pourquoi préserver les rivières sauvages ?

Le label Réseau des rivières sauvages distingue des rivières dont le fonctionnement naturel est resté intact ou a été restauré. Au-delà de la qualité de l'eau, il prend en compte la biodiversité, l'hydromorphologie, les paysages ou encore l'engagement des acteurs locaux. « Pour labelliser une rivière, il faut qu'il y ait une volonté locale, un intérêt à ce que cela se fasse », précise Laurent Dégrave. Le réseau accompagne également les territoires à travers le programme Graines de rivière sauvage , qui sensibilise les jeunes générations grâce à des projets artistiques et des sorties de terrain. L'objectif est de recréer un lien avec ces milieux naturels. « On protège bien ce qu'on connaît bien », explique-t-il. Préserver ces rivières dépasse permet en effet de maintenir les nombreuses services écosystémiques de ce milieu particulier. Elles rafraîchissent les territoires, limitent les crues, stockent l'eau et fournissent une eau de meilleure qualité. « Si on préserve une rivière, qu'on lest dans l'anticipation, c'est-à-dire qu'on est en amont et pas dans la réparation, on va pouvoir aussi anticiper les effets du changement climatique dans ces endroits ». « L'intérêt aujourd'hui, c'est d'essayer de reconnecter, vraiment de se reconnecter à ce milieu-là », conclut Laurent Dégrave.

24 juillet 202610:50

Pourquoi utiliser l’émerveillement pour protéger l’océan ?

Après avoir quitté son appartement pour vivre à bord d'un voilier, Leslie Bissey est partie à la rencontre des acteurs engagés pour une Méditerranée durable afin de valoriser leurs initiatives et de les rendre accessibles au plus grand nombre. Au fil des années, l'association WeOcean a développé trois axes d'action : la recherche scientifique, la pédagogie et la production audiovisuelle. Films documentaires, portraits d'acteurs, campagnes de sensibilisation auprès des plaisanciers ou encore projets sur le plancton permettent de transmettre les connaissances acquises sur le terrain. Pour autant, l'océan conserve une formidable capacité de résilience. « La nature arrive, si on la laisse tranquille, à se régénérer d'elle-même d'une manière assez incroyable et assez rapide. Mais il faut lui donner cette chance. » Un constat qui l'a aussi conduite à défendre la richesse de la Méditerranée : « On a une vie incroyable à préserver ici. Il ne faut pas aller à l'autre bout du monde, elle est juste devant chez nous », s'émerveille Leslie Bissey. L'association mise avant tout sur la sensibilisation plutôt que sur la contrainte, en invitant le public à découvrir la biodiversité marine pour mieux la protéger. « Notre vecteur premier, nous, c'est l'émerveillement. Donc on va essayer de toucher les gens pour qu’eux-mêmes aient envie de s'engager. » « On s'aperçoit quand même que les gens ont envie de s'impliquer à partir du moment où ils sont touchés émotionnellement. Plus on est nombreux à sensibiliser et à agir au quotidien, plus on peut préserver la biodiversité devant chez nous », conclut Leslie Bissey.

23 juillet 202610:48

Pourquoi aider les entreprises à financer la cause environnementale ?

Créée en 2014, 1% for the Planet France rassemble aujourd'hui près de 900 entreprises, représentant 14 millions d'euros de philanthropie annuelle. L'objectif est de rendre le mécénat environnemental plus simple grâce à une sélection d'associations agréées et à un contrôle des engagements des entreprises. « On va vérifier que cette promesse est bien tenue », précise Isabelle Susini. Alors que seulement 7 % de la philanthropie est consacrée à l'environnement, l'association veut accélérer le financement de la transition écologique. Les entreprises rejoignent le mouvement pour des raisons diverses, parfois dès leur création, parfois plus tard. Si le logo 1 % leur apporte de la visibilité, l'essentiel reste ailleurs. « Collectivement se mobiliser pour financer la cause environnementale qui est si peu soutenue ». Faciliter les dons permet surtout aux associations de se consacrer pleinement à leur mission. Aujourd'hui, elles consacrent parfois jusqu'à 40 % de leur temps à rechercher des financements. L'ambition de 1% for the Planet est donc de leur redonner ce temps précieux. « Avec notre mode opératoire, on essaye d'accélérer cette philanthropie environnementale, de faciliter le passage des flux financiers depuis le donateur vers le récipiendaire pour qu'elle passe moins de temps à chercher des fonds. Donc cette accélération à la philanthropie environnementale a pour pure vocation à rendre toutes les associations plus efficaces », conclut Isabelle Susini.

22 juillet 202610:48

Pourquoi les achats responsables sont un levier d’innovation ?

EcoVadis analyse les pratiques environnementales, sociales et éthiques des entreprises afin d’orienter les décisions d’achat vers des acteurs plus responsables. L’objectif est de mieux comprendre l’impact réel des chaînes d’approvisionnement, de plus en plus complexes et mondialisées. Selon le dernier baromètre des achats responsables, une évolution majeure se dessine : l’innovation est devenue le principal moteur des démarches RSE dans les entreprises leaders, devant la simple conformité réglementaire. Un changement de perception qui transforme la RSE en avantage concurrentiel. « La France aujourd’hui, et l’Europe de façon générale, ont de véritables challenges de compétitivité à relever. Mais la RSE peut être un vecteur de compétitivité, parce que la mieux-disant que l'on a sur ces sujets devient un atout », explique Pierre-François Thaler. L’arrivée de l’intelligence artificielle accélère encore cette transformation. L’enjeu central devient la qualité et la traçabilité des données, essentielles pour analyser les chaînes d’approvisionnement et mieux anticiper les risques. Malgré ces avancées, certains défis persistent, notamment la visibilité limitée sur les fournisseurs de rang 2 et 3, où se concentrent une grande partie des risques environnementaux et sociaux. Pour Pierre-François Thaler, cette dynamique reste néanmoins positive. L’évolution des pratiques, la structuration des données et la généralisation des démarches RSE montrent une accélération globale, portée à la fois par les entreprises et les nouvelles technologies. « La RSE ne se limite plus à une contrainte réglementaire., c’est devenu un véritable vecteur d’innovation », conclut Pierre-François Thaler.

17 juillet 202610:04

Pourquoi un coup de pouce peut changer des trajectoires de vie ?

La Semaine de la Bonté s’appuie sur un réseau d’assistantes sociales, examine chaque semaine des dossiers de personnes en difficulté. En 2025, près de 877 demandes ont été traitées, avec un taux d’aide d’environ 70 %, principalement orienté vers la mobilité, notamment la réparation automobile. Cette aide répond à une réalité concrète : sans véhicule, de nombreuses personnes en zone rurale perdent leur emploi ou leur autonomie. L’association intervient aussi sur la formation, en finançant du matériel indispensable, souvent non couvert par les dispositifs publics. Avec pour objectifs de soutenir l’insertion, d'éviter la perte d’emploi et de redonner confiance à des familles en difficulté. Les montants attribués restent modestes, autour de 170 à 200 euros par dossier, mais leur rapidité d’attribution fait la différence. « Le dossier arrive le lundi, il est examiné le mardi et le chèque va partir la semaine d’après », précisent-ils. L’impact de l’association dépasse largement l’aide financière ponctuelle, avec un coup de pouce qui peut tout changer. « C’est de la considération. On considère que vous avez une valeur sociale. Ça veut dire qu'on croit en vous, on croit que vous avez la capacité de vous insérer, de sortir du RSA, de sortir du chômage », concluent Daniel Ploix et Gérard Roulet.

16 juillet 202610:07

Pourquoi notre argent peut soutenir la transition écologique ?

« Nous pouvons tous aujourd’hui investir dans le monde que nous voulons demain », s'enthousiasme Aurore Pinon-Jacques. Fondée en 2021, Goodvest part du constat que l’épargne est indispensable, mais qu'elle finance encore trop souvent des secteurs polluants. L’entreprise propose donc des placements alignés avec la transition écologique. « Goodvest, c’est un moyen de mettre son épargne, de mettre son argent au service de la transition écologique. » Pour cela, la société sélectionne les fonds selon des critères stricts : exclusion des énergies fossiles, analyse de l’empreinte carbone et de la biodiversité, et prise en compte des efforts de décarbonation des entreprises. L’objectif est aussi de rendre lisible un secteur jugé opaque pour les particuliers, souvent perdus face aux labels et aux promesses de finance “verte”. Au-delà des outils, l’enjeu est global. « L’impact est environnemental, mais il est aussi financier, et pas que pour les acteurs économiques, aussi pour les particuliers qui vont investir dedans », explique Aurore Pinon-Jacques.

15 juillet 202610:49

Pourquoi la mode peut devenir un outil de confiance en soi ?

L’idée naît en 2017, après avoir découvert l’univers de l’entrepreneuriat. « L’idée de la création est venue lors d’une émission sur les auto-entrepreneurs qui m’ont fait me dire que c’était possible de créer, de réussir », explique-t-elle. Son parcours personnel, marqué notamment par le rejet vécu à l’école, l’a également poussée à créer une marque porteuse de sens. À travers ses vêtements, Anaïs Indzembis souhaite transmettre des messages positifs. Parmi ses premiers designs, un hommage à Mohamed Ali avec la phrase « Believe in yourself », mais aussi « I am marvelous ». Pour elle, ces mots peuvent accompagner celles et ceux qui les portent : « Je pense que c’est important d’avoir ces phrases qui donnent de l’essence à notre vie ». La marque rencontre rapidement un écho auprès du public et de personnalités du monde sportif. « Je ne m’attendais pas à ça », confie-t-elle. Selon elle, cette réussite illustre pleinement la philosophie qu’elle défend : « L’audace produit des résultats. L’audace te pousse à aller au-delà de tes propres limites, à briser les limites », insiste Anaïs Indzembis. Aujourd’hui, la créatrice souhaite développer de nouvelles collections et élargir son offre, notamment avec une gamme pour enfants. Elle recherche également des investisseurs pour accompagner la croissance du projet. Son ambition reste de faire de sa marque un symbole de valorisation personnelle. « C’est quelque chose, je pense, dont la société a besoin, de se sentir valorisée. Et au travers de cette marque, on se sent valorisé.e », conclut Anaïs Indzembis.

13 juillet 202610:38