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Vanessa Marcié, une voix singulière du management en entreprise
Docteure en communication, conférencière internationale et fondatrice de Leading with Humor, Vanessa Marcié explore depuis des années les ressorts profonds du leadership.
Entre sciences comportementales, humour comme levier d’influence positive et accompagnement des organisations, elle s’est imposée comme l’une des expertes françaises sur les questions de management.
Avec son nouveau livre, Le manager qui voulait devenir leader, elle propose une approche originale : un roman initiatique qui met en scène la transformation d’un manager en véritable leader, à travers ses erreurs, ses prises de conscience et ses progrès.
Un leadership plus humain, plus humble, plus incarné
Dans l’émission Au cœur des leaders, Vanessa Marcié revient sur l’ambition profonde de son livre : réenchanter le management. Lassée des manuels théoriques, elle a choisi la voie du récit pour montrer, plutôt que démontrer, ce qui transforme réellement un manager en leader. À travers Hugo, son personnage principal, elle met en scène les erreurs, les prises de conscience, les résistances et les progrès qui jalonnent toute évolution professionnelle authentique.
Elle le dit simplement : transformer les outils du management en histoire, c’est redonner envie d’apprendre.
Manager n’est pas leader : une distinction essentielle
Vanessa Marcié insiste sur un point clé : le management est une fonction, le leadership est une posture. On peut être manager sans inspirer, comme on peut être leader sans titre. Elle illustre cette différence par une scène simple : une équipe embarquée acceptera spontanément de rester pour terminer un dossier urgent ; une équipe non embarquée rappellera qu’elle n’est “pas payée pour ça”.
Le leadership, pour elle, se mesure à cette capacité à donner envie, à fédérer, à créer un mouvement.
L’échec : un passage obligé pour grandir
Parmi les huit règles d’or qui jalonnent le parcours d’Hugo, Vanessa en met une en avant : la relation à l’échec. En France, dit-elle, l’échec est encore trop souvent vécu comme une faute. Or, sans droit à l’erreur, pas d’innovation, pas d’audace, pas de sécurité psychologique. Elle rappelle que dans d’autres cultures, notamment aux États-Unis, l’échec est presque un badge d’honneur : la preuve qu’on a essayé, appris, progressé.
L’antifragilité : grandir grâce aux chocs
Vanessa introduit également un concept puissant : l’antifragilité, développé par Nassim Taleb. Là où la résilience consiste à revenir à l’état initial après un choc, l’antifragilité consiste à devenir meilleur grâce au choc. Une équipe antifragile absorbe les difficultés, les transforme en apprentissages, et en ressort plus forte. Un principe précieux dans un monde où les crises se succèdent.
L’ego tue : vers un leadership humble et responsable
Autre point fort de l’interview : la mise en garde contre la confusion entre charisme, ego et leadership. Vanessa défend un leadership humble, vulnérable, capable de dire « je me suis trompé ». Elle cite le concept d’extrême ownership, cette responsabilité radicale qui consiste, pour un leader, à assumer pleinement les erreurs de son équipe. Un comportement rare, mais qui crée une confiance et une loyauté incomparables.
La friction maîtrisée : moteur d’innovation
Vanessa rappelle aussi que l’innovation ne naît pas de la conformité, mais de la diversité des points de vue. Elle encourage les managers à valoriser le désaccord, à recruter des profils différents, à créer un espace où chacun peut exprimer un avis divergent sans crainte. La confrontation positive, dit-elle, est un outil puissant pour éviter les angles morts et renforcer la qualité des décisions.

Se connaître : le point de départ de tout leadership
En conclusion, Vanessa partage ce qui, selon elle, constitue la première marche vers le leadership : la connaissance de soi.
Trop de managers acceptent un poste sans se demander s’ils en ont réellement envie. Être leader, c’est aimer l’humain, accepter la remise en question, chercher à progresser en permanence.
Une invitation à se transformer avant de transformer les autres.

