Environnement : au Québec, des filets pour éviter la pollution des cours d’eau

Et si on pouvait intercepter les déchets avant qu’ils ne terminent leur course dans l'eau ? Avec le projet Filets zéro déchet – Agir à la source de Nature-Action Québec, c’est possible.

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Environnement : au Québec, des filets pour éviter la pollution des cours d’eau

1 - Environnement : au Québec, des filets pour éviter la pollution des cours d’eau

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Intercepter les déchets aux exutoires pluviaux

2 - Intercepter les déchets aux exutoires pluviaux

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Filets de filtration des déchets aux exutoires pluviaux, une première au Québec

3 - Filets de filtration des déchets aux exutoires pluviaux, une première au Québec

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Nature-Action Québec est un organisme à but non lucratif, reconnu organisme de conservation, de bienfaisance et entreprise d’économie sociale qui travaille à la protection de l’environnement. Leur mission ? Guider les particuliers et les organisations dans l’application de meilleures pratiques environnementales. Ils contribuent à la réalisation de nombreux projets novateurs dans plusieurs domaines qui touchent à l’environnement, et ce, en partenariat avec les municipalités, les organismes à but non lucratif, les citoyens, les ministères et les entreprises privées. NAQ travaille sur plus de 350 projets en environnement par année, dont le projet écologique et novateur FILETS ZÉRO DÉCHET – AGIR À LA SOURCE.

La première phase du projet concerne la captation et la caractérisation des déchets grâce à l’installation de filets fixés à certains exutoires pluviaux du réseau de 6 des 8 villes partenaires. À noter que la participation des villes à ce volet a été effectuée en fonction de la compatibilité technique des filets aux exutoires ciblés. Une fois l’installation complétée et supervisée par le fournisseur infraStruct, les équipes de Nature-Action Québec (NAQ) procéderont à la caractérisation des déchets interceptés.

Cette identification enrichira le déploiement d’une campagne de sensibilisation ayant pour thème la consommation et l’élimination par les citoyens des déchets à usage unique. Le message « Agissons maintenant – nos actions sur la terre ont des impacts sur nos fleuves et nos rivières » sera notamment véhiculé sur Internet et les médias sociaux. Des capsules informatives à la promotion d’un jeu-questionnaire de personnalité, en passant par un passeport d’engagement et des efforts de sensibilisation par marquage au sol, cette campagne touchera l’ensemble des citoyens situés sur le territoire des huit villes partenaires et s’échelonnera de juin 2021 à mars 2022.

Une initiative pionnière au Québec

Tandis que certains pays comme l’Australie ont récemment tenté l’installation de filets de filtration des déchets avant qu’ils ne se déchargent dans les cours d’eau, aucune ville québécoise n’adopte encore cette pratique. Pourtant, le ruissellement de pluie conduit actuellement une foule de déchets vers les cours d’eau. Dans le cadre du projet, l’équipe de NAQ s’intéressera principalement au Fleuve Saint-Laurent et la rivière Richelieu.

Ce projet contribuant à la lutte au plastique à usage unique est le fruit du travail dévoué de l’équipe de Gestion des matières résiduelles et Écocivisme de NAQ. De l’idéation à l’approche des municipalités visées, les professionnels de NAQ ont su viser juste et élaborer un projet aux vertus avantageuses à la fois pour la nature et la conscience sociale.

« Contrairement à la croyance populaire, il n’y a souvent aucune filtration des déchets aux abords des égouts pluviaux avant qu’il y ait déversement dans le fleuve Saint-Laurent ou encore dans la rivière Richelieu. Le besoin est donc criant de mieux sensibiliser les gens à un usage réfléchi des matières dont ils veulent se débarrasser. Ce n’est pas parce qu’on ne le voit plus que cela disparaît. Il y a des conséquences directes à nos gestes. Il faut davantage informer sur le cycle de vie des déchets et la consommation responsable », affirme Paula Berestovoy, chef du service Gestion des matières résiduelles et Écocivisme chez NAQ.

Avant même son lancement officiel, ce projet fait parler de lui et intéresse d’autres organismes comme l’organisme Stratégies Saint-Laurent qui se joint généreusement aux efforts de sensibilisation. Ainsi, outre les bénéfices environnementaux de l’opération de captation de déchets, cette initiative permettra d’éveiller les consciences et de responsabiliser les citoyens et commerçants à la réalité du circuit de l’eau et du cycle de vie de déchets que nous générons. La campagne de sensibilisation encouragera le changement d’habitudes afin de réduire l’utilisation du plastique à usage unique et d’éviter qu’il ne se retrouve dans l’environnement. 

Les débris marins, y compris les déchets plastiques, constituent une menace sérieuse pour nos océans, nos lacs et nos rivières.

Les animaux peuvent s’entremêler dans ces ordures ou essayer de les manger et subir des conséquences mortelles. Les microplastiques (des morceaux de plastique minuscules qui font moins de 5 millimètres) peuvent être consommés par de petits organismes et se répandre dans l’ensemble de la chaîne alimentaire.

Au même titre que les changements climatiques, la pollution par les plastiques est un problème mondial qui nécessite des mesures à tous les niveaux.

Une quantité importante de pollution par les plastiques provient des articles que nous utilisons (et jetons) chaque jour, comme des sacs de plastique, des bouteilles de boissons, des emballages d’aliments, etc. 

Plus de 8 millions de tonnes de plastiques sont jetés dans l’océan chaque année. C’est comme décharger un camion à ordures rempli de plastiques dans l’océan à chaque minute.

Le problème avec le plastique, c’est qu’il ne s’élimine pas.

Certains plastiques resteraient dans l’environnement jusqu’à 1 000 ans. Pendant ce temps, ils se décomposent en morceaux de plus en plus petits, mais ils ne disparaissent pas complètement.

On constate que ces petits morceaux de plastique (microplastiques) peuvent être nocifs lorsqu’ils se répandent dans l’ensemble de la chaîne alimentaire. Ils peuvent même pénétrer notre corps par l’entremise des aliments que nous consommons. Ref. Parcs Canada

La pollution de l’eau : Il est facile de se débarrasser des déchets en les jetant dans une rivière ou dans un lac. En petite ou en grande quantité, jetés intentionnellement ou accidentellement, ils peuvent être emportés par le courant, mais ils ne disparaissent jamais. Ils réapparaissent en aval de l'endroit où ils ont été jetés, souvent sous une autre forme, ou seulement dilués. Les masses d'eau douce peuvent facilement décomposer certains de ces déchets, mais pas autant que la société d'aujourd'hui en rejette. On appelle pollution la surcharge qui en découle et qui finit par déséquilibrer l'écosystème.

Quelquefois, la nature elle-même est à l'origine de ces déséquilibres. Dans certains cas, la composition naturelle de l'eau la rend impropre à certains usages : par exemple, l'eau qui coule dans les terres fortement salées des prairies ou qui jaillit de sources très minéralisées dans certaines régions du pays ne peut pas soutenir les populations de poissons.

Mais le plus souvent, nos cours d'eau sont pollués par des déchets urbains, agricoles et industriels comprenant de nombreuses substances toxiques de synthèse que les processus naturels ne réussissent pas à décomposer. Même en quantité minime, quelques-unes de ces substances peuvent être très dommageables.

Face à l’urgence climatique qui secoue notre planète, on réalise maintenant qu’il est temps d’agir pour le bien des communautés d’aujourd’hui et de demain. Depuis près de 35 ans, NAQ s’emploie à faire bouger les choses. Que ce soit par la conservation des milieux naturels à perpétuité, la restauration environnementale de milieux dégradés, la sensibilisation, la planification territoriale, le développement durable, la gestion de projets, de programmes et d’infrastructures municipales environnementales, l’éducation ou la communication, Nature-Action Québec met son expertise au service de la nature et fait une différence en environnement.

Soyons gentils avec notre belle planète et posons des gestes au quotidien pour la sauver.