Une fondation d’entreprise, au service de l’intérêt général

Une fondation d’entreprise n’est pas une vitrine, ni un prolongement du « business » : c’est un outil juridique qui permet à une entreprise d’agir clairement pour l’intérêt général. À la Fondation Groupe EDF, l’idée est simple : transformer des moyens financiers en impact social, en s’appuyant sur celles et ceux qui connaissent le terrain. Alexandre PERRA, délégué général de la fondation, résume cette logique avec des mots qui disent l’essentiel : « Une fondation d’entreprise, c’est un statut juridique qui permet à une entreprise d’œuvrer pour l’intérêt général ».

Dans cette approche, l’argent n’est pas une fin mais un levier. La fondation parle d’« investissement social » : pas de retour financier attendu, mais un retour concret dans la vie des personnes accompagnées. Une manière de rappeler que l’efficacité peut aussi se mesurer en confiance retrouvée, en parcours stabilisés, en talents révélés.

La Fondation EDF s’apprête à fêter quatre décennies d’engagement. Une longévité qui compte, à l’heure où les défis sociaux appellent de la constance, de la méthode et une capacité à fédérer. Son fonctionnement repose sur une équipe resserrée, mais sur un réseau large, capable de repérer des besoins très différents selon les territoires, en métropole comme en outre-mer.

Un parcours personnel qui donne du sens à l’engagement

À la tête de la Fondation EDF depuis deux ans, Alexandre PERRA connaît l’entreprise de l’intérieur. Arrivé chez EDF en 2014, il a d’abord travaillé sur les relations gouvernementales, puis sur la stratégie d’innovation et la RSE. Avant de choisir de consacrer son énergie à la fondation, et à ce qu’elle rend possible au quotidien : des coups de pouce décisifs, là où ils manquent le plus.

Ce choix s’enracine dans une histoire personnelle. Lyonnais, villeurbannais, issu d’un milieu modeste, il raconte un itinéraire où les « premières fois » ont compté : premier bachelier d’une grande famille, premier à faire « des grandes études ». Derrière ces étapes, un mot revient : le déterminisme. Et l’importance des rencontres qui permettent de s’en affranchir. « On arrive parfois à s’échapper d’un déterminisme… grâce à l’école, grâce à des rencontres, des professeurs… souvent grâce à des associations », confie-t-il.

Pour lui, l’engagement d’une fondation est aussi une manière de prolonger ce que l’on a reçu. « J’ai eu envie à mon tour d’œuvrer et de rendre ça à la société différemment », explique Alexandre PERRA. Derrière cette phrase, une conviction : quand une personne est soutenue au bon moment, c’est tout un potentiel qui peut se déployer. Et ce potentiel, ensuite, irrigue la société entière. La Fondation EDF dispose d’un mandat d’investissement de 10 millions d’euros par an, soit 50 millions sur 5 ans, pour financer des projets d’intérêt général partout en France.

Une équipe de 20 personnes et un réseau dans toutes les régions

La Fondation EDF fonctionne avec une équipe d’environ 18 personnes, renforcée par des alternants et stagiaires, soit « une vingtaine » au total. Un format volontairement agile, pensé pour rester proche du terrain. Car l’essentiel ne se joue pas dans un siège, mais dans la capacité à écouter, comprendre et soutenir des initiatives locales, parfois très petites, mais déterminantes pour les bénéficiaires.

La force du modèle tient à sa régionalisation. La fondation s’appuie sur des correspondants EDF dans toutes les régions françaises, y compris en outre-mer, un point que l’équipe juge « très important ». Cette présence locale permet de sélectionner des projets qui font sens là où ils naissent, en tenant compte des réalités sociales, du tissu associatif et des besoins spécifiques de chaque territoire.

Chaque année, la fondation reçoit environ 1 000 dossiers. Sur ce volume, 750 sont étudiés en profondeur et près de 350 sont finalement retenus. Un chiffre qui dit à la fois l’ampleur de la demande et la volonté de répondre, concrètement, à une diversité de situations. Le soutien peut aller à des structures reconnues, mais aussi à des associations de proximité qui ont un besoin très ciblé.

Alexandre PERRA insiste sur cette capacité à financer des projets modestes, mais essentiels. Certaines associations n’ont besoin « que de 5 000 euros » pour faire vivre une action d’aide aux devoirs, de lecture, ou d’accompagnement éducatif. Et ces 5 000 euros peuvent faire la différence entre un programme qui s’essouffle et un programme qui tient toute l’année, avec des enfants qui progressent et des familles qui reprennent confiance.

Éducation, formation, emploi : aider chacun à réussir pour réussir ensemble

La Fondation EDF a fait un choix clair : concentrer ses moyens sur l’insertion, en misant sur l’éducation, la formation et le retour à l’emploi. L’objectif est de soutenir des parcours, pas seulement des projets. Derrière les dispositifs, une idée simple : l’insertion permet de devenir acteur de sa vie et de la société, de passer du découragement à l’élan, de l’isolement à la participation.

Ce cap résonne avec l’histoire d’EDF, née en 1946 dans une France à rebâtir. Aujourd’hui, le défi est différent : réussir l’électrification pour réduire la dépendance aux énergies fossiles. Mais le raisonnement reste proche : un pays avance quand ses habitants avancent. Alexandre PERRA le formule ainsi : « Ce monde à réussir, on ne le réussira que si on est capable d’aider chacun à réussir ».

Dans cette stratégie, les associations sont centrales. La fondation ne se substitue pas à elles : elle les renforce. « Nous, on ne fait rien sans associations », rappelle Alexandre PERRA. Car ce sont elles qui connaissent les bénéficiaires, qui construisent la relation, qui accompagnent au quotidien, et qui adaptent leurs méthodes à des histoires singulières.

La fondation, elle, apporte des moyens, de la continuité et une exigence de suivi. Financer ne suffit pas : il faut aussi vérifier que l’action porte ses fruits, mesurer les résultats, et s’assurer que les fonds sont utilisés de façon utile. Une rigueur qui protège la confiance et permet d’amplifier ce qui fonctionne, au bénéfice des personnes accompagnées.

Le mécénat de compétences : quand des salariés deviennent mentors

Au-delà des financements, la Fondation Groupe EDF mobilise aussi des compétences. Dans l’entreprise, des salariés peuvent devenir bénévoles, mentors, parrains, selon les besoins des associations partenaires. Cette implication humaine ajoute une dimension précieuse : du temps, de l’écoute, de l’expérience partagée. Et souvent, une relation qui encourage, sécurise et ouvre des perspectives.

Pour les salariés, l’engagement est vécu comme une fierté et un enrichissement. Mais il est aussi vu comme un terrain d’apprentissage. Alexandre PERRA cite des compétences qui se développent au contact du mentorat : empathie, gestion de projet, capacité à écouter, pédagogie. « Ce sont des compétences dont on a aussi besoin en entreprise », explique-t-il, soulignant un cercle vertueux entre utilité sociale et progression professionnelle.

Cette logique change aussi le regard sur l’engagement. Il ne s’agit pas d’un « à-côté » réservé à quelques-uns, mais d’une expérience reconnue, structurée, utile. Quand une entreprise facilite l’implication de ses salariés dans des actions d’intérêt général, elle contribue à tisser des liens entre mondes qui se croisent peu : l’entreprise, l’école, les associations, les quartiers, les territoires ruraux, l’outre-mer.

Au final, la Fondation EDF agit comme un trait d’union : entre des besoins concrets et des moyens disponibles, entre des initiatives locales et une capacité d’investissement stable, entre des parcours empêchés et des opportunités réelles. En soutenant l’éducation, la formation et l’emploi au plus près du terrain, elle rappelle une évidence souvent oubliée : la transition d’un pays se joue aussi dans les trajectoires individuelles. Et quand on aide une personne à révéler son talent, c’est toute la société qui gagne en énergie.