L’œuf, longtemps suspecté, est aujourd’hui réhabilité par la science Pendant des années, l’œuf a été montré du doigt pour sa teneur en cholestérol, plus de 200 mg dans un seul jaune. Cette richesse en lipides avait conduit à le déconseiller aux personnes atteintes d’hypercholestérolémie ou à risque cardiovasculaire. Pourtant, les récentes études ont largement remis […]
L’œuf, longtemps suspecté, est aujourd’hui réhabilité par la science
Pendant des années, l’œuf a été montré du doigt pour sa teneur en cholestérol, plus de 200 mg dans un seul jaune. Cette richesse en lipides avait conduit à le déconseiller aux personnes atteintes d’hypercholestérolémie ou à risque cardiovasculaire. Pourtant, les récentes études ont largement remis en cause ce lien direct entre œufs et hausse du mauvais cholestérol LDL.
En réalité, le cholestérol contenu dans les aliments influence peu le cholestérol sanguin. La diététicienne Laetitia Proust Millon rappelle que « depuis dix ans, de nombreuses études ont montré que l’œuf n’augmente pas le risque cardiovasculaire, même chez les personnes sensibles ».
Un mécanisme naturel d’auto-régulation du cholestérol alimentaire
Le corps humain produit lui-même 70 à 80 % du cholestérol nécessaire à ses fonctions vitales : renouvellement cellulaire, production d’hormones, synthèse de vitamine D, formation des sels biliaires… Le foie est à la manœuvre.
Lorsque l’apport alimentaire en cholestérol augmente, un mécanisme d’auto-régulation s’enclenche : le foie ralentit alors sa propre production. Résultat : chez les individus en bonne santé, consommer des œufs n’impacte que très faiblement le cholestérol sanguin.
Quelle quantité d’œufs consommer sans risque pour le cœur ?
Faut-il pour autant en manger sans limite ? Non. Mais les recommandations actuelles sont nettement plus souples qu’il y a vingt ans. Pour les personnes présentant un excès de cholestérol, un œuf par jour est considéré comme raisonnable. Chez les personnes en bonne santé ou en carence protéique, on peut aller jusqu’à deux œufs par jour.
L’œuf reste une excellente source de protéines de haute qualité : entre 6 et 7 g pour 100 g, avec les huit acides aminés essentiels. C’est une alternative utile à la viande ou au poisson, notamment pour les personnes âgées ou végétariennes.
Préparation, cuisson et association : les bons réflexes à adopter
Si l’œuf en lui-même n’est pas un ennemi du cœur, tout dépend de comment il est cuisiné. Les cuissons douces (à la coque, mollet, poché) préservent les nutriments sensibles à la chaleur. En revanche, les omelettes ou œufs brouillés cuits au beurre ou à l’huile en excès peuvent alourdir la facture lipidique.
Pour profiter de tous ses bienfaits, il est recommandé de privilégier des cuissons sans matières grasses ou avec une cuillère d’huile végétale de qualité (colza, olive). On peut également l’intégrer dans un repas équilibré : toast complet, légumes, avocat, graines…
Riche en vitamines liposolubles (A, D, E, K), en vitamines B, en sélénium, en iode et en fer, l’œuf a toute sa place dans une alimentation variée. Il ne doit plus être diabolisé, mais consommé avec bon sens et modération.
