Sud-Ouest : avec Boemeria, le textile d’orties ne pique pas !

Cyrielle Samson-Abadie et Aude Dalichoux viennent de lancer une collection de linge de maison et de décoration à base d’orties. Une technique ancestrale qui s’est perdue au fil du temps.

Podcast

Boemeria : conception et production locale

1 - Boemeria : conception et production locale

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Boemeria : une histoire ancestrale

2 - Boemeria : une histoire ancestrale

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Boemeria : redécouvrir les vertus textiles de l’ortie

3 - Boemeria : redécouvrir les vertus textiles de l’ortie

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On retrouve des traces de confection de fourreau d’armes en orties remontant à 5000 ans avant Jésus-Christ. Partout en Europe, en Écosse, en Pologne, aux Pays-Bas, en Allemagne, en France, nos ancêtres ont tissé l’ortie, jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.

C’est alors que la production a été totalement abandonnée, au profit du coton et du nylon, apportés par les Américains. Seulement voilà, le premier utilise beaucoup d’eau et le second est un dérivé de pétrole.

Un savoir-faire à se réapproprier

Les deux co-fondatrices de Boemeria, renommée depuis peu Maison Hortis, souhaitaient relancer la production de textile en ortie, localement. Entre Bordeaux, Toulouse et le Béarn, où elles travaillent avec l’un des rares tisserands traditionnels de France, elles conçoivent des collections de coussins, têtes de lit, polochons, tabliers… en espérant pouvoir découvrir de nouvelles techniques pour s’attaquer à la fabrication de nappes et de rideaux par la suite.

Boemeria

Tout un savoir-faire à redécouvrir, à se réapproprier, car les traces historiques de production de textile d’orties sont très rares, voire inexistantes.

Un salaire pour des femmes népalaises

N’importe quelle variété d’ortie ne convient pas à la confection. Il faut des fibres longues, qui sont contenues dans la tige. Aude et Cyrielle s’approvisionnent au Népal, où les orties mesurent entre 2 et 3 mètres de hauteur et où les femmes de la communauté Kulong les récoltent depuis des millénaires, sur les pentes de l’Himalaya.

Un partenariat qui permet de pourvoir un salaire à ces femmes et créer des écoles, des infrastructures dans ces régions isolées. En France, les tests de plantation débutent à peine.

Les propriétés des orties sont infinies. Elles ne nécessitent pas d’eau, ni de pesticides. L’ortie a des facultés thermorégulatrices, antibactériennes et a tendance à aimer pousser où les sols sont peu fertiles, plutôt pollués et participent ainsi à leur nettoyage. Toute la plante est utilisable en économie circulaire, ce qui en fait une plante zéro déchet.

Retrouvez leur lien Instagram ici.