À la Philharmonie de Paris, une violoncelliste fait rimer musique et égalité des chances. Astrig Siranossian s’engage avec Démos pour offrir l’orchestre aux enfants de 7 à 12 ans, partout où l’accès à la culture manque.
À écouter
Démos, l’orchestre comme tremplin social
Démos – Dispositif d’éducation musicale et orchestrale à vocation sociale – ouvre les portes de la pratique collective à des enfants vivant dans des quartiers dits défavorisés. L’idée est simple et puissante : apprendre la musique en jouant ensemble, comme un vrai orchestre. Pour Astrig Siranossian, marraine du programme, cette aventure dépasse le cadre artistique. « La musique a sa place sur les grandes scènes, mais elle a aussi sa place vraiment dans un parcours éducatif social », rappelle-t-elle, émue par ces rencontres entre univers qui « ne se rencontrent malheureusement pas assez souvent ».
Une marraine qui s’implique, au-delà du nom
Si la violoncelliste a grandi dans une famille de musiciens, elle mesure aujourd’hui la chance que cela représente. « J’ai réalisé tardivement que c’était vraiment un énorme atout… de naître dans un foyer où le langage de la musique est familial », confie-t-elle. Justement, son engagement vise à élargir ce “langage” à tous. « Ce n’est pas juste avoir un nom », insiste-t-elle, déterminée à être présente et à donner du sens à son rôle auprès des enfants.
Sur le terrain, l’essentiel n’est pas de “faire la leçon”, mais de partager. « La vie, c’est une expérience humaine avant tout… se rencontrer, jouer ensemble, partager des sourires », dit-elle. Une manière de rappeler que l’orchestre, c’est aussi une école de coopération, d’écoute et de confiance.
Le trac, une énergie positive pour se dépasser
Monter sur scène, même après des années, ne supprime pas le trac. Astrig Siranossian le voit comme un allié : « Le trac… c’est positif. Ça permet finalement de pouvoir se dépasser. » Un message précieux pour de jeunes musiciens en herbe, qui découvrent l’exigence… et la joie de jouer ensemble. Cette énergie du “vouloir bien faire” devient un moteur, un élan collectif qui transforme la répétition en moment de fierté partagée.
La musique, une liberté d’expression qui rassemble
Pour la marraine de Démos, la scène est bien plus qu’un lieu de performance. « C’est peut-être un des derniers maillons des libertés d’expression qu’il nous reste », affirme-t-elle. La musique, sans passer par les mots, ouvre un espace où chacun peut ressentir, comprendre, se relier. « Lorsque je suis avec mon violoncelle, c’est l’endroit où je suis le plus libre », confie-t-elle, convaincue que ces émotions partagées restent profondément humaines.
Et ce sont souvent les enfants qui lui redonnent l’élan. Elle évoque « la tendresse des regards », « l’envie d’apprendre » et ces yeux qui pétillent à la découverte. Une inspiration qui nourrit son cap : « partager des choses qui tendent plutôt vers la lumière que vers le noir ».
À travers Démos, l’orchestre devient une passerelle : vers la culture, vers les autres, et parfois vers soi-même. Là où un instrument ressemble d’abord à un “jouet”, il peut aussi devenir une force, une voix, une confiance. Et si la plus belle note à jouer, finalement, était celle qu’on partage ?
Pour aller plus loin > Démos : un projet musical au service de l'égalité et de la démocratie

